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en supporte le centre ; et tout autour, des milliers de stalactites s’élancent de la voûte, en alongeant leurs longs tubes, et s’avancent vers d’autres stalactites blanchâtres qui partent de la base, et dont le temps les a probablement séparées. On aperçoit dans les murs un grand nombre de cavités, qui sont toutes remplies de chauve-souris. A l’approche de la lumière, ces animaux se réfugient dans les endroits ténébreux, et produisent par leur vol un bruit semblable à un vent violent. Le passage devient ensuite tortueux et difficile jusqu’à un autre appartement d’une grandeur majestueuse : de là partent plusieurs avenues qui n’ont pas encore été explorées, de même que deux ruisseaux abondans. On a pénétré dans cette grotte jusqu’à la distance de 200 toises. Les congélations que l’on remarque sur les parois ont l’apparence d’une glace cendrée ; elles prennent des formes bizarres ; tantôt elles se détachent comme une chevelure ondoyante, tantôt elles imitent les plus riches draperies, et toutes ces figures sont parsemées de cristaux. Les stalactites régulières sont creuses, couvertes à l’extérieur d’une espèce de craie tendre, et dans l’intérieur d’un spalt jaune et resplendissant.

La fontaine appelée en anglais Big-Spring (grande source) s’est frayé une issue à travers les rochers, d’où elle se précipite avec une étonnante rapidité : c’est un petit torrent qui, impatient d’avoir été long-temps resserré dans sa course, se déborde avec fureur dans un bassin creusé dans le roc. Ce bassin est ovale, et peut avoir cent pieds dans son grand diamètre. Ces eaux, malgré leur rapidité, sont si claires, qu’on peut distinguer les plus petits objets à une profondeur de plus de 30 pieds. Tout autour, à partir du rochequi