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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/414

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parvenaient, à l’aide de leurs créatures dans le conseil législatif, à étouffer ces plaintes. Désespérant enfin d’obtenir justice des autorités locales, les habitans résolurent de s’adresser directement au parlement britannique. En conséquence ils rédigèrent plusieurs pétitions, conçues dans les termes les plus respectueux et les plus soumis ; qui furent présentées au parlement dans la session de 1828. Ces pétitions, où se trouvaient articulées des accusations de la nature la plus grave, étaient revêtues d’un si grand nombre de signatures respectables, que le gouvernement anglais ne pouvait se dispenser d’en faire l’objet d’une enquête particulière ; et sur la motion de M. Huskisson, il fut nommé à cet effet (2 mai 1828) un comité, spécial, composé de vingt membres. Ce comité s’acquitta de sa mission avec zèle et impartialité ; il examina d’abord les pétitions, et interrogea ensuite des témoins versés dans les affaires du Canada, et entre autres, M. Stephen, avocat consultant du département colonial, et M. Wilmot Horton, membres du comité, qui avait été long-temps chargé de l’administration des colonies. Le 22 juillet, le comité termina son rapport, et le présenta à la chambre des communes, qui en ordonna l’impression. Cependant un recès tout entier du parlement, et la majeure partie d’une session s’écoulèrent, depuis que le gouvernement et les communes étaient saisis du rapport, sans qu’on eût jugé à propos de prendre connaissance de son contenu, de profiter des conseils du comité, ni de mettre un terme à l’agitation qui se manifestait dans les deux Canada. Il est même à présumer que les officiers du département colonial ne s’en seraient jamais occupés, si M. Labouchère n’eût interpellé sir Georges Murray, dans la session de 1829, pour lui demander