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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/402

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canadiens, sous prétexte d’y poursuivre leur proie, en enlèvent tout ce qui se trouve sous leurs mains. Ils aiment mieux s’exposer à toute sorte de privations que de cultiver la terre. Ils sont d’ailleurs fort inoffensif et complaisans pour les étrangers, mais extrêmement adonnés aux liqueurs spiritueuses. La plupart professent la religion catholique, c’est-à-dire qu’ils observent les formes extérieures de ce culte. Dévoués aux Canadiens français, ils se mêlent à leurs jeux, parlent leur langue et refusent d’en apprendre une autre. Ils commencent à mieux traiter leurs femmes, auxquelles ils paraissent fort attachés, bien qu’ils leur imposent les soins les plus pénibles du ménage. Celles-ci sont fidèles et affectionnées ; elles ont un physique assez agréable, et aiment beaucoup la parure.

Le navigateur Cabot fut le premier qui montra à l’Europe la route du Canada. Parti d’Angleterre avec une escadre de six navires, au printemps de 1497, il découvrit les îles de Terre-Neuve et de Saint-Jean, et, longeant le continent, monta jusqu’au 67 ½ de latitude. Cabot ne forma point d’établissement dans le pays ; et ce qu’il y a de surprenant, c’est que l’Angleterre, après avoir équipé à grands frais une expédition aussi considérable, ne songea à poursuivre les découvertes de Cabot, qu’un demi-siècle après. Ce fut un français qui découvrit le Canada proprement dit. Denis, ayant mis à la voile à Honfleur pour Terre-Neuve en 1506, entra dans le golfe Saint-Laurent, dont il leva la carte, explora les côtes adjacentes, prit du poisson sur le Grand-Blanc, et retourna en Normandie. Deux ans après, Thomas Aubert, de Dieppe, pénétra dans le Saint-Laurent, et enleva sur ses bords plusieurs naturels qu’ils emmena en France. En 1535, Jacques Cartier, de Saint-Malo,