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nombre de tribus que les deux autres. Ils peuplaient les deux rives des lacs de l’intérieur et du fleuve Saint-Laurent. Comme les Sioux, ils menaient une vie errante, et subsistaient principalement de la chasse et de la pêche.

La langue iroquoise n’était pas aussi répandue que l’algonquine, ce qu’il faut attribuer au genre de vie plus sédentaire de ces indigènes. Ils résidaient le long de la rive méridionale du Saint-Laurent et des lacs, depuis la rivière de Sorel jusqu’au lac Michigan, et possédaient les vastes et fertiles plaines situées entre I’Hudson et l’Ohio. Les Iroquois étaient supérieurs aux Algonquins et aux Sioux sous bien des rapports. Ils cultivaient les arts de la paix et excellaient aussi dans ceux de la guerre. Vainqueurs dans presque tous leurs combats avec leurs voisins, ils soutinrent une lutte longue et opiniâtre contre les envahisseurs européens.

Ces Indiens ont toujours traîné une existence misérable. Leur caractère est un mélange bizarre de férocité et de douceur. Doués d’une éloquence forte, simple et persuasive, ils ont la mémoire excellente, le jugement sain, et ne manquent pas d’un certain esprit naturel. On se rappelle la repartie d’un Outaouis au comte de Frontenac, qui lui demandait s’il savait avec quoi se faisait l’eau-de-vie : « Cette liqueur, répondit le sauvage, doit être extraite de langues et de cœurs ; quand j’en ai bu, je ne connais plus la crainte, et je parle divinement. » Ces Indiens n’ont adopté aucune des habitudes d’industrie des blancs. Ils ont des habitations mal bâties et sales, et vont à demi nus. En été, ils se nourrissent de poissons qu’ils pèchent dans les rivières, et, en hiver, ils ont recours aux bienfaits du gouvernement. Quelquefois ils font des incursions sur les terres des fermiers