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normande. Quoique petit et grossièrement taillés. Il est vigoureux, léger, et ne bronche jamais. Il s’en exporte annuellement un nombre considérable aux Antilles, où il supporte mieux la chaleur du climat que le cheval de race anglaise ou américaine. Les bêtes à cornes et les moutons sont d’un tiers moins grands qu’en Angleterre, et leur chair est aussi d’une qualité fort inférieure. Le cochon seul peut soutenir la comparaison avec celui d’Europe.

Les exportations du Canada consistent principalement en bois de charpente et autres, en potasse et perlasse, fourrures et pelleteries ; en froment, farine, biscuit, légumes secs, orge, avoine, maïs ; en porc, beurre, peaux de bœuf, jambons, langues et bœuf salés, fromages, chevaux, bestiaux et volaille, houblon, bierre, cidre, plumes, cire, laine, chandelles, etc. Québec est l’entrepôt général du commerce des deux provinces.

La.population du Bas-Canada se compose des descendans des premiers colons français et d’émigrans de la métropole et des États-Unis. Les premiers, qui forment peut-être les trois quarts ou les quatre cinquièmes des habitans, se font remarquer par d’excellentes qualités ; ils sont probes, hospitaliers, polis, économes, spirituels et industrieux : qualités qui se trouvent rarement dans une société ou le manque d’instruction est absolu. Les Canadiens français en sont encore, pour la civilisation, au temps de Louis XV. Mêmes lois, mêmes coutumes mêmes habitudes, mêmes idées ; le régime féodal et ecclésiastique d’alors subsiste encore chez eux dans son intégrité, et, chose étrange ! ils ne témoignent pas le moindre désir d’améliorer leur condition. Seuls sur le continent américain, ils sont restés impassibles et comme engourdis au milieu des révolutions qui ont affranchi