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jusqu’ici de l’exploitation des forêts, dont leur pays est couvert, sont une des causes principales du peu de progrès qu’ils ont faits dans l’agriculture. Le Canada produit des bois de toute espèce. Le chêne, qui abonde sur le bord de quelques-uns des grands lacs et le long des rivières, atteint une grosseur moyenne de dix-huit pouces carrés et cinquante pieds de hauteur. Le pin, qu’on rencontre partout, a environ vingt pouces carrés et soixante pieds d’élévation. On y trouve aussi le bouleau, le hêtre, l’orme et l’érable, dont il se fait pareillement un commerce considérable. Les forêts, surtout celles qui sont les plus éloignées des établissemens, fournissent aussi ces fourrures et ces pelleteries qui constituent, à proprement parler, la véritable richesse des deux Canada. Depuis peu néanmoins, cette branche de commerce commence à déchoir par suite de la rareté toujours croissante des animaux à fourrures, dont les plus estimées sont celles du renard, du castor, de la loutre, du rat musqué, du chat sauvage, du daim, de l’ours et du bison. On a remarqué que les bêtes fauves qui habitent les forêts du Canada sont naturellement peu féroces. Le loup, quoique plus grand que celui d’Europe, s’enfuit à l’approche de l’homme ; l’ours sort clandestinement du creux de son arbre pour poursuivre sa proie ; les serpens ne sont pas aussi venimeux que ceux du midi, et le voyageur n’a véritablement à craindre que les moustiques, qui, en été, sont extrêmement incommodes.

Les animaux domestiques du Canada ne sont pas d’une belle espèce, mais on a tort d’en inférer que ceux importés d’Europe dégénèrent en Amérique. C’est le peu de soin qu’on en prend qui est cause de leur détérioration. Le cheval de la province basse est d’origine