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pas sur notre droite, tombait en cascade dans la mer avec un bruit étourdissant, après quoi il fallait gravir encore à travers bois et rochers ! Nous franchîmes le cours d’eau, et nous nous arrêtâmes dans une petite plaine émaillée de plates-bières, et entourée d’un marais. Par précaution contre les moustiques, nous traçâmes le plan de notre cabane sur cette petite plate-forme élevée, qui était exposée à tous les vents. Nous étions adossés à un petit bois, d’où nous planions sur toute la mer étendue devant nous. Quand il faisait clair, on voyait à plus de douze lieues.

Les haches furent distribuées. Les pins les plus élevés furent bientôt attaqués, apportés et dressés ; deux cheminées en peu d’instans firent construites et trois heures après notre arrivée tout était terminé. La tente était cette fois plus grande que la première, et très-solidement construite.

Le lendemain, dès trois heures du matin, nous étions sur pied. Il faisait encore nuit et froid ; cependant nous partîmes pour nous mettre à l’affût des caribous.

J’allai me cacher dans un bois près d’un ruisseau coulant entre deux montagnes à pic, le même que nous avions traversé en venant, et auquel aboutissaient plusieurs chemins d’animaux fraîchement tracés. J’y étais depuis une heure, percé par la brume, et ennuyé de ne rien voir paraître ; le soleil venait de se lever, et le ciel était déjà clair, quand tout à