Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/358

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


au milieu des glaces, les équipages se dispersent ; et tandis que les uns tirent les plus gros, les autres tuent le reste avec un coup de bâton sur le nez. Les plus forts se défendent quelquefois, et ce ne sont pas des antagonistes à mépriser ; ceux qui ont des fusils s’en chargent alors. Quoique leurs pieds de derrière soient faits de manière à les aider peu dans leur marche, cependant ceux de devant leur servent à se tenir et à se cramponner avec assez de force pour gravir avec facilité les côtes, les rochers, et même les champs de glaces, quelque glissans qu’ils soient ; quoique blessés, ils courent souvent plus vite que le chasseur, et sils peuvent arriver au bord de l’eau avant lui, ils s’y précipitent et lui échappent. Ils dorment principalement le jour, au soleil, sur les champs de glace. C’est surtout dans ce moment que les chasseurs les attaquent avec leurs bâtons ; dont un coup léger sur le nez suffit pour leur donner la mort. Lorsqu’ils arrivent sur eux sans avoir été aperçus, la destruction est rapide ; mais on les tire le moins qu’on peut, parce que le plomb gâte les peaux. Lorsqu’on a fini, sur une prairie ou que le froid force d’interrompre la chasse, les morts sont traînés sur la glace et mis à bord mais on leur fait subir auparavant une opération, qui consiste à séparer la peau et la graisse qui y adhère de la carcasse, qu’on jette à la mer, excepté ce qu’il en faut pour la nourriture des équipages.

Le voyage se continue alors à travers les glaces ou en pleine mer, si les circonstances le permettent, à