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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/35

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Autrefois les Battas étaient dans l’usage de manger aussi leurs parens, quand ceux-ci devenaient trop vieux pour travailler. Ces vieillards choisissaient alors tranquillement une branche d’arbre horizontale, et s’y suspendaient par les mains, tandis que leurs enfans et leurs voisins dansaient en rond autour d’eux, en criant : Quand le fruit est mûr, il faut qu’il tombe. Cette cérémonie avait lieu dans la saison des citrons, époque où le sel et le poivre sont aussi en abondance. Dès que les victimes fatiguées, ne pouvant plus se tenir ainsi suspendues, tombaient par terre, tous les assistans se précipitaient sur elles, les mettaient en pièces et dévoraient leur chair avec délices. Cette pratique de manger les gens âgés est abandonnée aujourd’hui. C’est un pas fait par les Battas dans la voie de la civilisation, ce qui