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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/338

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ce poisson est remarquable : un naturaliste célèbre, qui a eu la patience de compter les œufs d’une seule morue, en a trouvé neuf millions trois cent quarante-quatre mille ! Le phosphore semble un élément essentiel de sa composition, car la lumière que donne une tête de morue dans l’obscurité est très considérable.

Le 5 juin 1828, je partis de Saint-Pierre pour le Croc, au nord-est de Terre-Neuve, port où le bâtiment commandant la station avait eu jusqu’alors l’habitude de mouiller. Le temps était serein, et nous vîmes les côtes de la grande terre toute la journée jusqu’au Chapeau rouge, de là au cap Raze que nous doublâmes, et ainsi de Suite jusqu’à Saint-Jean, devant lequel nous étions le lendemain à midi, vingt-quatre heures après notre départ, ayant fait ainsi quatre-vingt-quatre lieues. Nous nous tînmes constamment à quatre et six milles des côtes, et je pus les dessiner presque toutes depuis le Chapeau rouge. Nous vîmes alors distinctement les maisons blanches de la ville au fond du port, et le fort Amherst sur la montagne. Le soir, nous étions par le travers de l’île Baccalao le lendemain, nous eûmes de la brume et peu de vent. La nuit, il vint à fraîchir, et nous fûmes obligés de capéer à cause des montagnes de glace. Le jour suivant calme, et multitude de glaces en vue de tous côtés. On en estima plusieurs à quatre et cinq lieues de long sur huit et douze cents pieds de haut. Nous crûmes voir quelque chose remuer sur une d’elle, mai, malgré nos longues vues,