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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/331

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la courageuse résolution de s’y rendre. Il aborda à la côte ouest, et y trouva quelques ruines d’églises, seuls débris de la colonie chrétienne. Il y prêcha l’Évangile aux indigènes, et y resta jusqu’en 1725.

C’est un fait reconnu, que des variations considérables se sont fait remarquer à différentes périodes dans les glaces du pôle arctique. On ne sait quelles en sont les raisons certaines. Doit-on les attribuer à des tremblemens de terre, ou à des tempêtes, ou à de violens mouvemens des mers qui les entourent, ou à l’accumulation continuelle des neiges, par lesquelles l’équilibre venant enfin à être rompu, elles produisent à peu près le même phénomène que les avalanches des Alpes ? Les docteurs Morse, Foster, et beaucoup d’autres s’accordent à croire qu’un changement considérable dans le climat du Groënland a eu lieu vers le commencement du XVe siècle.

En examinant l’île de Terre-Neuve et les îles adjacentes jusqu’à l’acore du Bonnet flamand, on trouve seize degrés de longitude et dix degrés de latitude où la profondeur de la mer varie entre soixante, trente, et quelquefois même dix brasses dans des endroits à une distance considérable, soit des côtes de Terre-Neuve, soit du continent américain. On serait donc porté à en conclure que ce sont les restes d’une vaste île, qui, à une époque reculée, éprouva une révolution semblable à celle qui, en 1663, ébranla le Canada et les pays environnans jusqu’à New-York, et qu’affaiblis par cette commotion les fondemens qui supportaient cette île, excepté