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de novembre. Depuis le mois de mai jusqu’à celui d’octobre, Saint-Pierre est très-vivant. Un grand nombre de bâtimens nommés banquiers, parce qu’ils font la pêche sur le Grand-Banc, viennent y sécher leurs morues. Ceux de guerre, soit français, soit anglais, y viennent plusieurs fois, et le gouverneur a toujours des officiers à sa table, qui lui font oublier l’ennui de l’hiver. Les bâtimens de la station de la Havane quittent cette ville pendant l’hivernage, et remontent jusqu’à Saint-Pierre, où les morues et l’oscille rétablissent en peu de temps les équipages qui y arrivent presque toujours malades. Cette colonie a sur toutes les autres, telles que le Sénégal, la Guyane e les Antilles, l’avantage d’être parfaitement saine. Quant à la société de la ville, elle se compose de quelques négocians et de quelques employés du gouvernement.

Comme je l’ai dit, Saint-Pierre est un pays fort giboyeux ; pour ma part. je tuai plusieurs renards argentés que j’envoyai en France, où ils sont maintenant sous forme de palatines et de manchons. Mais une chasse que je fis sur le Grand-Colombier avec le commandant et plusieurs officiers, fut surtout abondante.

Le Colombier a près de quatre cents pieds de haut, et il est dangereux à gravir, à cause de la terre, de la mousse et des pierres qui y manquent sous les pieds. Dans cette position, n’ayant rien où l’on puisse s’accrocher, plusieurs personnes ont été entraînées jusque dans la mer. Avant d’y débarquer, nous étions déjà éblouis par les milliers d’oiseaux qui tourbillonnaient