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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/305

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qui, par une croisière hardie dans les Philippines, fit un tort considérable au navires espagnols.

Au moment où j’allais quitter Lima, la population entière de cette grande cité sortait de son apathie habituelle, tant elle était travaillée par les mesures énergiques que prenait le nouveau dictateur. De toutes parts apparaissaient des soldats en armes, ou des recrues en exercice ou en marche. Les chevaux des particuliers étaient mis en réquisition pour le service de la cavalerie ; des dons dits volontaires, mais impérieusement demandés, avaient permis d’habiller la troupe. Des jeunes gens encore dans l’adolescence composaient l’infanterie, dont les compagnies n’offraient ni nerf ni aplomb militaires, et dont toute la force résidait dans les noirs, hommes robustes cruels, mais belliqueux ; les officiers étalaient le luxe le plus grand dans leurs uniformes, tandis que l’accoutrement des soldats était singulier par quelques détails. C’est ainsi que les bonnets de grenadiers étaient faits avec des peaux de mouton, que surmontaient comme panaches de grosses mèches de coton ; les casques étaient en peaux à demi tannées et peintes en noir, avec des cimiers de laine rouge ; les fourreaux des sabres de la cavalerie se composaient de lanières de veau, dont le poil était en dehors, etc.

Les évènemens subséquens sont assez connus en Europe ; je n’en dirai rien. Les dernières lignes sur Lima et ses environs seront consacrées à quelques observations sur l’histoire naturelle.