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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/297

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et pelés du mont San-Christoval, et M. d’Urville ramassait des plantes, tandis que M. Bérard tirait sur des oiseaux qu’il destinait à nos collections. Quelques créoles les aperçurent, et l’esprit sans cesse préoccupé d’Espagnols prêts à fondre sur eux, ils donnèrent l’alarme, en répandant partout qu’on avait vu deux espions cherchant à fuir à travers les montagnes. D’un poste de gardes nationaux, on expédia à leur poursuite un piquet de paysans à cheval commandés par un lieutenant, qui, sans explication, voulaient faire feu. Ce fut avec bien de la peine que l’officier parvint à calmer le zèle bouillant de sa milice, en la tranquillisant sur le peu de résistance que devaient offrir deux hommes ; mais, fier de sa capture, et n’écoutant ni explications, et ne voulant pas même voir le sauf-conduit que leur avait. Délivré l’autorité militaire du fort de Callao, MM. d’Urville et Bérard furent mis en croupe derrière deux cavaliers, et conduits au grand galop dans la ville de Lima. Ils firent ainsi près d’une lieue, dans la position la plus détestable, sur de maigres haridelles, pour être jetés tout meurtris dans la prison de la ville. Les cavaliers qui conduisaient ces messieurs cherchaient à s’emparer de leur argent et de leurs montres, et ce ne fut qu’avec d’extrêmes difficultés que l’officier leur fit restituer ces objets. Lui-même conservait soigneusement le fusil à deux coups de M. Bérard, qu’il espérait, sans aucun doute, s’approprier par droit de conquête. Relâchés quelques heures après par ordre du général commandant la force armée de Lima,