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les métis de toutes sortes y sont également très-nombreux. Les nègres transportés de la côte d’Afrique ou nés dans le pays, et successivement libérés, y ont pris rang de citoyens : ce sont en général les cultivateurs des terres. Ils constituent la principale force du parti indépendant, par la haine qu’ils portent au gouvernement d’Espagne. Cette population a une grande aversion pour les Anglais, et souvent nous avons été insultés par la populace, qui nous prenait pour des officiers de cette nation vêtus en bourgeois. Un lieutenant de la frégate l’Aurore, commandée par le commodore Prescot, fut grièvement maltraité sur la route de Lima, quoiqu’il fût en uniforme. La similitude de croyance religieuse les dispose davantage en notre faveur.

La coiffure des dames métis consiste en un chapeau rond pareil à celui des hommes, et le plus ordinairement de feutre blanc, de cuir bouilli et de paille, dont la taille est démesurément grande, et qui pourrait aisément servir de parasol. Les hommes ont pour culotte le macum, qui est ouvert le long des cuisses, et qui ne sert guère à abriter cette partie ; le reste de leur ajustement n’a rien de particulier. Hommes et femmes de tout rang ont constamment la cigarette à la bouche, et tous indistinctement portent des amulettes suspendues au cou. Les vrais indigènes, ou descendans des Péruviens, portent le nom de Scholos ; leur face est cuivrée, et leur race est aujourd’hui loin d’être pure.

La pratique de la médecine est dans un discrédit