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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/288

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plus mesquine, a présidé aux décorations des nombreuses chapelles surchargées de reliefs, de ciselures, de dorures, de colonnades, de chapiteaux et d’autels, dont le bizarre et l’absurde se sont disputé la création. Des statues de saints occupent des niches çà et là. Le ciseau grossier qui leur donna le jour n’a point accordé à ces images le prestige des beaux-arts ; mais ne pouvant les faire belles, on les a faites riches, et la plupart d’entre elles ont coûté de sommes considérables. J’ai vu dans les églises de la Merci, de la Madeleine et des Augustins, des saints en argent, dont les manteaux étaient d’or, et, dans la cathédrale, les colonnes qui s’élèvent du parvis de l’autel jusqu’au dôme, recouvertes de plaques d’argent bien ajustées entre elles, et ayant chacune dix-huit pouces de hauteur. L’autel consacré à Notre-Dame-du-Rosaire, ainsi que plusieurs autres d’ailleurs, est en argent, le tabernacle en or, avec des ciselures garnies de pierres précieuses. Les balustrades, les chaires, les chœurs étincellent sous les feux de l’or et de l’argent. Que d’indiens ont dû périr dans les cavernes insalubres des mines pour conquérir ces métaux précieux, orgueilleusement prodigués dans les temples d’un Dieu clément, miséricordieux, né dans une étable, et que servent des ministres superbes !

Quoique submergée de toutes parts par un fanatisme qui ne pardonne point, la nouvelle république, pressée de besoins, essaya de donner aux apôtres des vêtemens plus modestes. Les Espagnols, possesseurs