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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/284

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méthode péruvienne et nommés tapias, enclosent ces propriétés rurales, et se dégradent difficilement sous un ciel où il ne pleut presque jamais. Les rues de Lima sont alignées et régulièrement coupées à angle droit. Les maisons ont rarement plus d’un étage, et le rez-de-chaussée est construit de manière à présenter une longue varangue abritée, commode pour prendre le frais. Ces demeures, assez élégantes à l’intérieur, n’ont sur la rue qu’une façade nue, sans fenêtres, et à une seule issue. Les murailles en dedans sont communément recouvertes de fresques mal exécutées, mais qui forment un très-bon effet à une certaine distance. Les habitations des gens riches sont remarquables par la profusion des dorures, et par une disposition régulière de tous les appartemens de plain-pied, de sorte que l’œil du passant dans la rue prolonge une longue allée, que termine d’ordinaire un gradin chargé de vases à fleurs, tandis que sur les côtés des portes grillées à jour, des treillages dorés et peints prêtent les plus doux prestiges à ces asiles voluptueux. C’est dans ce lieu que les dames aiment à respirer l’air pur et à se reposer sur des coussins jetés sur le sol. Cette suite de péristyles ou la vue s’égare, m’a singulièrement plu, et remplace avec quelque grâce le style plus grandiose des constructions européennes, qui seraient impraticables au Pérou, ou de fréquens tremblemens de terre ondulent la surface du sol. La partie solide des maisons est donc élevée avec des briques cuites au soleil, ou avec des tiges solides et légères de bambou, qu’un plâtre