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à Cincinna où ils sont exposés comme une rare curiosité. Il doit ensuite les montrer à New-York, et peut-être leur fera-t-il passer la mer pour les soumettre à l’examen de nos savans d’Europe.


Village de Fal-River. — A vingt milles de Providence, dans la Nouvelle-Angleterre, sur les bords d’un torrent qui tombe de chute en chute d’une montagne escarpée, s’est élevé tout à coup, et comme par magie, au milieu des rochers, un village florissant qui porte le nom de la rivière qui lui donne la vie et la prospérité. Il y a quelques années, ce n’était qu’un bois sauvage qu’animaient seulement le bruit des cascades et le cri bruyant des pics (oiseaux du genre pie-vert très-commun en Amérique) ; maintenant c’est une petite ville qui compte seize grands édifices consacres à la fabrique des tissus de coton. Trois mille ouvriers y sont occupés. Le village a cinq auberges et deux journaux. Ce qui excite surtout l’intérêt et la surprise des étrangers dans ce village, c’est la grande fabrique de clous du colonel Valentine, dans laquelle une barre de fer est convertie en un baril de clous avec une facilité merveilleuse. La barre ardente, divisée par des cylindres tranchans et par des ciseaux que les chutes d’eau font mouvoir, tombe en une pluie de clous sur un étage inférieur, où les barils les reçoivent pour être livrés au commerce. Les eaux de Fall-River, après avoir servi ces fabriques, portent le steam-boat qui va à Providence, et dont on se sert pour remorquer des bâtimens.