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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/252

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leur inquiétante proximité, Tver, Toula, Smolensk sont préservées. Bientôt on isole les différens quartiers de Moscou. Lorsqu’on adopta cette mesure, plusieurs de ces quartiers n’avaient pas ressenti les atteintes du choléra-morbus ; il n’y a point pénétré : bien plus, des faubourgs entiers, pendant trois mois de contagion, n’ont pas compté un seul malade.

En résumant les conséquences naturelles des considérations qui précèdent, on doit donc reconnaître :

Que depuis son invasion en Russie, jamais le choléra-morbus n’a offert plus de chances fâcheuses, et que, sous le rapport médical, l’administration, loin d’être fondée à négliger les soins de la prévoyance sanitaire, aurait dû redoubler de zèle et d’activité pour en diriger plus efficacement l’application ;

Que les connaissances scientifiques sur la nature de cette contagion, sur les moyens curatifs à employer contre elle, étant restées stationnaires au milieu des progrès du mal, on ne trouve dans les circonstances présentes que des causes probables de plus grands désastres ; car :

1° Les foyers anciens de la contagion ne sont pas éteints, et ne sont plus surveillés ;

2° Ceux qui se sont formés nouvellement réunissent plus de conditions favorables à l’extension du mal ;

3° L’influence de la chaleur et de l’humidité de la saison prochaine doit augmenter encore ses causes de propagation et d’intensité ;

4° Toutes les causes naturelles venant se combiner avec les circonstances particulières les plus défavorables, il doit en résulter un danger imminent de contagion pour les états limitrophes.

Il faut enfin reconnaître que la véritable raison des dernières mesures adoptées par le gouvernement, ne pouvant se déduire des faits relatifs à l’état sanitaire, doit résider dans la nécessité de satisfaire à des intérêts d’une autre espèce, qu’on regarde comme plus pressans.