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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/244

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plaideur, on a été obligé de créer près de quatre cents tribunaux, et de nommer 3,540 magistrats, qui coûtent 10 millions ; que, pour empêcher la fraude et la contrebande, il faut entourer nos frontières d’une armée de 25,000 douaniers, qui touchent 16 millions ; que, pour entretenir un simple pasteur dans chaque église de nos nombreuses communes, on paie 29 millions à 42,000 curés ou desservans. Toutefois on est loin de penser qu’à côté du nécessaire il faille laisser le superflu, et qu’il n’y ait rien de ce superflu dans les 33 millions que touchent 6,000 personnes.

« Si l’on divise les 607,500 individus restant par les 312 millions qui restent également, on trouve que chacun en obtient pour sa part une modique somme de 513 francs, et que cette somme se place précisément entre celles que coûtent à l’état l’entretien d’un galérien et celui d’un soldat.

« Les réformes, la mort et d’autres causes encore font varier chaque année les nombre de ce tableau de quelques milles, mais la guerre les augmente tout à coup prodigieusement. Tels qu’ils sont, ils montrent que la France paie annuellement, en traitemens et en salaires une somme égale à celle que présentent les revenus réunis de l’Espagne, de la Prusse et du Danemarck. »

Il résulte du travail de M. Bennistan qu’il y a en France :


3.353 magistrats, coûtant 9.724.000 fr.
42.500 écclésiastiques 29.000.000
11.933 officiers de toutes armes 26.374.000
1.423 officiers de vaisseaux 3.030.000
5.389 employés de tous grades dans les ministères et administrations secondaires 15.317.000
242.800 pensionnaires, dont 120.000 militaires, 27.560 légionnaires et 25 ministres, etc.. 76.500.000
305.598 159.915.000 fr.