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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/24

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sans doute des découvertes extrêmement précieuses. J’ai eu trop peu de temps pour pouvoir récolter toute ce que j’ai trouvé de curieux en végétaux. Je n’ai pu m’occuper des animaux, mais par le petit nombre de ceux que j’ai observés, j’ai acquis la certitude que ce pays n’était pas moins riche dans cette branche d’histoire naturelle que dans celle du règne végétal. J’ai vu des chauves-souris dont les ailes avaient jusqu’à quatre pieds d’envergure, ce qui les rendaient véritablement monstrueuses.

Le sol de ce pays est composé de terre forte, jaunâtre, d’une excellente nature. Elle est plus souvent humide que sèche. Rien, comme on sait, ne prouve mieux la fertilité d’un terroir que la végétation qui le couvre. Il est difficile de voir un pays où elle soit plus vigoureuse qu’à Samboangan.

Pendant mon séjour dans ces parages, je récoltai un grand nombre de sachets de graines ; mon herbier s’accrut aussi d’une quantité prodigieuse de plantes, la plupart inconnues jusque-là même aux plus savans botanistes. En embarquant mes collections de végétaux vivans, j’avais soin de ne mettre à bord de la Durance que les doubles et triples de ceux que je gardais à vue à bord du Rhône sur lequel j’étais à demeure. J’avais éprouvé combien les soins négligens des marins, pour cet objet était différens de ceux que je prodiguais moi-même aux fruits de tous mes pénibles travaux.

Le 2 décembre fut le jour fixé pour le départ de la division. Effectivement l’eau et le bois furent faits à