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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/225

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l’assurance que son époux ne la renverrait jamais, bien qu’il pût prendre d’autres femmes, et quel qu’en fût le nombre.

Un an après la naissance de cet enfant, et lorsqu’il commençait à former ses premiers pas, la famille s’étant fait craindre dans la tribu, Payton Skah prit le parti de se rendre sur les bords de la rivière des Moines, où on lui avait dit que se trouvaient de nombreux troupeaux de buffles. Il se décida, quoiqu’à regret, avant de partir, à confier aux soins et à la garde de sa vieille mère, qu’une blessure récente empêchait d’être du voyage, son enfant pour lequel elle avait la plus vive tendresse, et dont elle ne pouvait se séparer. Le départ s’effectua ensuite, et accompagné d’une autre famille Payton Skah fut bientôt sur les bords de la rivière des Moines, où il campa. II avait déjà tué un grand nombre de buffles dont la chair avait été préparée à la manière des sauvages, lorsque sa jeune épouse lui déclara qu’elle languissait loin de son enfant, et que sa mère, à qui on l’avait confié, devait être assez rétablie de sa blessure pour pouvoir les rejoindre. Ce vœu n’eut pas plus tôt été exprimé, que Payton Shah monta à cheval et partit déterminé à conduire le reste de sa famille sur cette terre d’abondance et de prospérité.

En effet, sur ses premières injonctions, la petite troupe disposa tout pour le départ, et bientôt se mit en route à sa suite. En peu de jours, on arriva sur le lieu où il avait laissé sa femme et ses amis. Mais ce lieu était silencieux et désert. Aucune voix amie ne salua l’arrivée des voyageurs ; les huttes étaient abattues, et des traces de sang conduisaient de leur emplacement au point de la rivière où on avait jeté leurs malheureux habitans, après les avoir massacrés.

Ou suivit le cours de l’eau, et l’on trouva successivement tous leurs cadavres à l’exception de celui de Tahtokah, rejetés sur le rivage ou contre des bancs de sable.

Mais cette circonstance fut loin de calmer la douleur de Payton Skah, car il savait trop bien que les Mandans,