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contrée, et encore n’ai-je pu le faire que très-superficiellement.

Il existe dans ce beau pays des forêts immenses, au milieu desquelles j’ai trouvé trois espèces de sagoutiers, palmier que j’ai compris dans mes collections, une espèce d’arbre à pain inconnu des botanistes (j’en parlerai plus tard dans ces souvenirs) ; le beau baringtonia, le napa fruticosa ; plusieurs arbres d’une espèce particulière de canneliers communs dans ces forêts, dont l’écorce est fort aromatique ; diverses espèces de palétuviers, appelés tagal, dont l’écorce est employée en guise de quinquina ; des abaca musa [1], cet espèce de bananier qui ne se cultive pas pour le fruit, mais seulement pour sa hampe qui produit un fil très-fort, propre à toute sorte d’usage ; des pignas, espèce d’ananas, dont les feuilles donnent également un excellent fil ; quelques espèces de clerodendrum, encore inconnues et cependant très-remarquables par leurs fleurs rouges en panicules : l’ébénier (dispyros ebenum. LINN.) ; cinq sorte de clelamus ; deux espèces d’hedysarum en arbres, et enfin un grand nombre d’autres plantes fort rares, et qui ne se rencontrent que là.

Sur la gauche de la ville se trouvent de vastes plaines de cocotiers qui forment des forêts d’un coup-d’œil ravissant. Ce pays est bien la véritable patrie des cocotiers. Ces fruits y sont si abondans, qu’on ne se donne même pas la peine de les récolter, on les laisse tomber par terre, où ils forment en germant des pépinières qui couvrent en peu de temps la surface du sol. Les sagoutiers, qui n’y sont guère plus rares, sont très-gros et très-élevés. Le rotin y croît partout, et les espèces

  1. Musa abaca