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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/141

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Le moyen d’excitation dont ils se servent, est la soustraction des journaux, qui n’arrivent que par des commissionnaires, la poste passant seulement à Beaupréau, Chemillé et Chollet.

Parmi les villes et villages qui ne cachent nullement l’espoir d’un prochain soulèvement, les yeux doivent se fixer particulièrement sur Beaupréau, Montfaucon, Chemillé, Saint-Macaire, Lemay et Trementine.

Le cœur de la révolution royaliste est à Montfaucon ; fût-elle éteinte par toute la France, on y sentirait battre encore l’artère. Cette révolution éclaterait infailliblement dans le cas de guerre avec une puissance quelconque, et surtout avec l’Angleterre qui jetterait pour la troisième fois des hommes et des armes sur les côtes éloignées de dix à onze lieues seulement du département de Maine-et-Loire, et qui pénètreraient sans obstacle par l’ouverture qui se trouve entre Clisson et Chollet.

Les moyens de prévenir une insurrection nous paraissent être ceux-ci :

1° Pratiquer des routes.

En général, le peuple ne voit dans une route percée au travers d’un pays impraticable qu’un moyen donné au commerce de s’étendre et aux relations de s’établir. Le gouvernement, s’il est libéral, y verra de son côté un but politique : la civilisation suivra le commerce, et la liberté la civilisation. Les relations avec les autres départemens dépouilleront le département à craindre de sa rudesse primitive. Les nouvelles vraies se répandront facilement, les nouvelles fausses seront aussitôt démenties ; des bureaux de poste s’établiront dans tous les chefs-lieux de cantons, la gendarmerie y établira un service actif et régulier ; puis, enfin, les troupes y circuleront en cas de besoin d’une manière incisive.

Les routes à faire dans le département de Maine-et-Loire devraient aller,

Du Palet à Montfaucon, en passant par Saint-Crépin ;

À Montfaucon elles se sépareraient en deux branches ;