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l’hiver, ils sont impraticables : la moindre pluie fait de chacun d’eux le lit d’un torrent, et alors, pendant quatre mois de l’année à peu près, les communications s’établissent à pied et à travers terres.

Ce tableau, qui commence à être moins exact pour les départemens de la Vendée et de la Loire-Inférieure, où Bonaparte a fait percer des routes départementales, l’est encore pour le département des Deux-Sèvres, et surtout pour la partie de Maine-et-Loire qui se trouve à gauche de ce fleuve.

C’est aussi dans cette dernière partie qu’à l’époque où je la traversai s’était réfugiée la Vendée politiquement parlant. L’opposition à tout gouvernement libéral est là flagrante et vivace.

Heureusement la civilisation, comme en défiance, l’a entourée d’une ceinture de villes libérales, qui commence à Bourbon-Vendée, passe par Chollet, Saumur, Angers, revient par Nantes, et s’enfonce dans la Vendée même par Clisson, espèce de sentinelle perdue, dont le coup de feu donnerait l’alarme en cas de soulèvement.

Une seule route en traverse un coin en formant un Y, la queue représentant le chemin de Chollet à Trementine, les deux branches ceux de Trementine à Angers et Saumur ; ce dernier n’est pas même une route de poste.

    s’élèvent au-dessus du dos de l’animal, de manière à lui donner la tournure d’un dromadaire. Quant à l’animal lui-même, peut-être espèrerait-il le guider à l’aide de la bride et des jambes ; mais il s’apercevrait bientôt que les jambes du cavalier vendéen ne lui servent qu’à le maintenir en équilibre, et sa bride à arrêter court sa monture en tirant carrément des deux mains ; mais avec un peu d’étude, il apprendrait à se servir du gourdin. C’est ce qui remplace dans les principes d’équitation bretonne les jambes et la bride. Pour faire tourner le cheval à droite, il ne faut que lui donner un coup de gourdin sur l’oreille gauche, et vice versa ; de cette manière qui simplifie, comme on voit, l’art des Larive et des Pellier, on le guide par des chemins qui feraient tourner la tête à un Basque.