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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/137

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ment qui frappait ce grand criminel. L’histoire n’ajoute pas si les enfans du seizième siècle aimaient autant les exécutions que ceux du dix-neuvième.

C’est ici que la Vendée commence à se présenter avec ses accidens de terrain, qui nous furent si fatals pendant la guerre de la chouannerie. J’essaierai de donner une idée de la localité ; puis je parlerai des hommes qui l’habitent, et des moyens, sinon d’empêcher, du moins d’y réprimer facilement une guerre civile.

Le mot Vendée, considéré politiquement, occupe un plus grand espace de terrain que ne lui en assigne la topographie.

Cela vient de ce que le nom d’un seul département a donné le baptême à une guerre à laquelle quatre départemens ont servi de théâtre : aussi désigne-t-on généralement sous le nom collectif de Vendée les départemens de Maine-et-Loire, Morbihan, Deux-Sèvres et Vendée.

Aucune autre partie de la France ne ressemble à la Vendée : c’est un pays à part dans notre pays.

Peu de grandes routes la traversent ; je parlerai de ces grandes routes.

Les autres moyens de communication, et par conséquent de commerce, consistent en chemins de quatre ou cinq pieds de large, bordés par un talus rapide, couronné lui-même de chaque côté d’une haie vive taillée à hauteur d’homme, dans laquelle se trouvent jalonnés, de vingt pas en vingt pas, des chênes dont les branches forment un berceau au-dessus du chemin, et à laquelle viennent aboutir transversalement, et de distance en distance, les autres haies, qui servent de limite aux champs des particuliers, dont chacun, de cette manière, se trouve changé en un enclos, quelles que soient sa forme et sa grandeur. Du reste, l’une et l’autre varient rarement : c’est toujours un carré long.

Chacune de ces haies n’a qu’un passage, nommé échallier. C’est quelquefois une espèce de barrière semblable à celles qui ferment les parcs de moutons ; c’est plus souvent un fa-