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pendant plusieurs siècles sur l’Égypte et la Syrie. Mais la composition de armées musulmanes ne changea pas entièrement, et les changemens n’eurent qu’une certaine durée.

On comptait dans les armées diverses classes de guerriers. Quelques-uns s’engageaient pour un service permanent et recevaient une solde régulière ; Ceux-là étaient attachés à la personne du prince, ou étaient chargés de la défense des forteresses. C’est dans cette classe qu’on admettait de préférence les Curdes, les Turcs, les Turcomans, en un mot les hommes qui, habitués à une vie dure, étaient plus propres aux fatigues des armes, et qui, étrangers au pays, professaient pour le prince un dévouement plus entier. Ces guerriers combattaient à cheval, et avaient chacun à leur service un page pour porter leurs armes ; c’étaient les chevaliers et les hommes d’armes de l’Orient. Comme leur entretient était fort onéreux, le nombre en était limité. Saladin, malgré ses guerres continuelles et ses grandes conquêtes, n’en eut jamais plus de quatorze mille à son service.

Outre ces soldats proprement dits, le souverain, aux approches d’une guerre, réunissait sous son étendard un certain nombre d’Arabes et de Turcomans. Ces nomades ne s’engageaient que pour une campagne, et l’expédition terminée, ils s’en retournaient dans leurs pâturages. Ils ne recevaient pas de solde régulière ; ordinairement on se contentait de leur donner une espèce de gratification, sans compter le butin qu’ils manquaient rarement de faire.

Il y avait encore des troupes vouées à la défense du col, et celles-ci paraissent avoir été surtout composé d’artisans, de bourgeois, en un mot de gens