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nos regards se reposèrent avec intérêt plusieurs jours de suite. Elles nous apparaissaient sous la forme de colonne cylindriques, dont le milieu était d’un blanc sale ou cendré, et les bords noirs. A l’eau bouillonnante, la base de cette colonne s’élevait dans les airs avec une force étonnante, et retombait ensuite aux alentours de la trombe. Ces phénomènes, que j’examinai avec une profonde attention, paraissaient dans certains momens s’éclipser, puis reparaissaient ensuite plus vivement.

Le 19 octobre, nous découvrîmes, dans le N.N.E., les îles de Pulobot, et le lendemain l’île More, située dans le N.N.O.

Le 21, nous aperçûmes également dans le nord les Deux Frères, petits îlots. Pendant quatre jours, nous côtoyâmes le grand Pulobo, à la distance d’environ deux lieues. Cette île, depuis le bord de la mer jusqu’au sommet des montagnes les plus reculées, présente l’image d’une vaste forêt inhabitée.

Le 24 octobre, à la suite de cette île, nous côtoyâmes Bornéo. On mouilla même sur la côte à plusieurs reprises, afin de s’assurer du fond et de prendre des relèvemens sur différens points. Dans la supposition où l’on était qu’il existait, dans la direction où nous nous trouvions, un banc de sable d’une vaste étendue, on fit mettre plusieurs canots à la mer pour s’en assurer au moyen des sondes. La partie de l’île Bornéo qui frappa notre vue était couverte de la plus belle végétation. Du navire, je distinguai très-visiblement des arbres couverts de leurs écarlates et de fruits de diverses grosseurs, tels que érytrhrina, bombax et passiflora, etc. L’aide-de-camp du commandant de l’expédition et moi, nous voulûmes un jour descendre à terre. Au moment