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d’interprète, et qu’elle disait en langue mexicaine tout ce que lui ordonnait de dire le capitaine Hernando Cortès. Aussitôt Montezuma commença à envoyer des messagers et des chefs où se trouvaient les Espagnols, afin qu’ils observassent ce que faisaient ces étrangers, et qu’ils exécutassent ce qui serait nécessaire pour leur service. Chaque jour, les uns allaient et les autres revenaient. Les messagers se succédaient continuellement. Les Espagnols ne cessaient pas de s’informer de Montezuma : ils voulaient savoir quelle personne ce pouvait être ; s’il était vieux ou s’il était jeune, si enfin c’était un homme de moyen-âge, ou qui eût des cheveux blancs. Les Mexicains répondaient aux Espagnols : « C’est un homme entre les deux âges ; il n’est ni vieux ni épais, il est sec et agile. » Quand Montezuma écoutait la relation des messagers, et qu’il apprenait combien les Espagnols prenaient d’informations sur lui, et quel désir ils avaient de le voir, il tombait en grande angoisse. Il pensait à fuir ou à se cacher de telle sorte que les Espagnols ne pussent pas le trouver. Il songeait à se réfugier dans quelque caverne, ou même à sortir de ce monde et à s’en aller en enfer, dans le paradis terrestre ou dans quelque lieu inconnu, et il s’entretenait de cela avec ceux de ses amis en qui il se confiait le plus. Il y en a, lui répondait-on, qui savent le chemin pour aller en enfer, au paradis terrestre, à la maison du soleil ou bien à la caverne qu’on appelle Cincalco, près d’Atlacuioacan, derrière Chapultepec, où se trouvent des lieux très-cachés. Votre Majesté rencontrera un asile dans un de ces endroits ; que Votre Majesté choisisse celui qui lui conviendra, nous l’y conduirons : là elle pourra se consoler sans recevoir aucun dommage. Montezuma se sentit disposé à se rendre dans la caverne