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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/101

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Fragment d’un discours que le prêtre mexicain adressait au pénitent qui venait de se confesser à lui.

« O frère, tu es venu dans un lieu de beaucoup de péril, de beaucoup de travail, de beaucoup de terreur ! C’est un précipice d’où s’élève une roche taillée à pic. Celui qui y tombe une fois n’en peut jamais sortir ; tu es venu en même temps dans un lieu où mille lacs et mille filets sont mêlés, tendus les uns au-dessus des autres, de manière que rien ne puisse passer sans tomber dans quelques-uns d’entr’eux, et non-seulement il y a des lacs et des filets, mais il y a encore des trous profonds comme des puits, et tu t’es jeté toi-même dans le gouffre du fleuve. Tu t’es jeté dans les filets dont il ne t’es plus possible de sortir. Ce sont tes péchés, et on peut aussi les comparer à des bêtes féroces qui tuent, qui déchirent le corps ainsi que l’âme. Aurais-tu par hasard caché quelques-uns de ces péchés si graves, si révoltans, si horribles, si honteux, qui sont déjà publiés dans le ciel, sur la terre, aux enfers, qui infectent le monde jusqu’à ses confins ?

« T’es-tu déjà présenté devant notre Seigneur très-humain, protecteur de tous, que tu as offensé, dont tu as provoqué la colère, et qui demain ou un autre jour te tirera de ce monde et t’enverra dans la maison universelle de l’enfer, où sont ton père et ta mère, le dieu et la déesse du triste séjour, la bouche ouverte, prêts à te déchirer, ainsi que tout ce qu’il y a au monde.

« Et pour conclure, je te le dis, il faut que tu balaies les immondices et le fumier de ta maison, que tu te purifies toi-même, que tu cherches un esclave pour le