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vous les avez envoyés sur cette terre pour qu’ils donnent à manger au soleil et à la terre par leur chair et par leur sang…

Seigneur très-humain, Seigneur des batailles, Souverain de tous, toi, dont le nom est Tezcatlipuca, dieu invisible et impalpable, nous te supplions que ceux que tu auras laissé mourir durant cette guerre soient reçus dans la maison du soleil avec amour, avec honneur ; qu’ils y soient placés et assis près des vaillans, c’est-à-dire près de Quitzieguaguatzin, Y Maccuhcatzin, Thacavepatzin, Yxtlilcuechavac, Yhuitlenuic et Chavaguetzin, et tous ces hommes célèbres qui sont morts à la guerre avant ce temps ; ils font d’éternelles réjouissances ; ils célèbrent dans des louanges perpétuelles notre maître, le soleil ; il vont suçant, aspirant la douceur de toutes les fleurs suaves par leur goût et par leur parfum. Voilà la jouissance réservée aux vaillans, aux hommes courageux, morts durant les combats. C’est ainsi qu’ils s’enivrent de plaisirs. Ils ne se souviennent plus, ils ne tiennent plus compte de la nuit ni du jour, des années ni des temps ; car leur puissance, leur richesse est sans fin, et les fleurs dont ils aspirent le parfum ne se fanent jamais. »

Torquemada, Acosta, Clavigero et une foule d’autres historiens ont déjà parlé de l’antique usage où étaient les Mexicains de se confesser à leurs prêtres. Le discours suivant jette un nouveau jour sur cette coutume.