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HISTOIRE MODERNE.

recteurs fit tout ce qu’elle put pour ajouter aux fureurs populaires ; elle ordonna d’abord la composition et l’exposition d’un tableau hideux dans lequel nos concitoyens étaient représentés expirant au milieu des tortures, avec l’expression révoltante de leur cruelle agonie, et entourés des instrumens effrayans qui servaient à les tourmenter. La presse enchérissait sur les horribles détails des scènes d’Amboyne, et la rage de la populace fut soulevée à un tel degré, que les marchands hollandais qui se trouvaient à Londres tremblèrent pour leur vie, et s’adressèrent au conseil privé pour réclamer protection. Les directeurs, appelés devant le conseil privé pour répondre à ces plaintes, nièrent la part qu’on les accusait d’avoir prise aux publications de la presse ; mais ils avouèrent que le tableau avait été exécuté par leur ordre, ajoutant qu’ils voulaient le conserver et le placer dans leur hôtel, comme un monument éternel de la cruauté et de la trahison des Hollandais. « (Vol 1, p. 50.)

Ceux-ci s’étaient en effet rendus bien coupables, sous d’autres rapports, envers la Compagnie, et notre historien explique, à la fin de cet intéressant chapitre, les véritables motifs du courroux des monopoleurs.

« Parmi les plaintes portées contre les Hollandais, une des plus graves était qu’ils vendaient à Surate les marchandises de l’Europe à bien meilleur compte, et achetaient celles de l’Inde bien plus cher que les Anglais, ce qui faisait exclure ces der-