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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

les couvrir tout entiers. Quelques nègres de Temboctou en ont aussi de la même forme, mais bien plus petits. Les Touariks ne se battent qu’avec la lance et le poignard ; ils sont toujours à cheval, ils ne font pas usage de l’arc : l’embarras de leurs boucliers les empêcherait de s’en servir utilement. Ces peuples nomades portent les cheveux longs, ont le teint très-brun, comme les Maures, le nez aquilin, de grands yeux, une belle bouche, la figure longue et le front un peu élevé ; l’expression de leur physionomie est sauvage et barbare : on les regarde comme une race d’Arabes, et ils ont en effet une partie des habitudes de ceux-ci ; mais ils parlent un idiome particulier. Ce sont eux qui se réunissent en nombre pour attaquer les caravanes venant de Tripoli : celles de Maroc sont moins exposées à leurs brigandages, parce qu’ils s’étendent plus dans la partie du N. Ils ont beaucoup d’esclaves qu’ils occupent en partie à la récolte des gommes venant des bords du fleuve ; et ils les vendent aux négocians de Temboctou, avec beaucoup d’ivoire.

Il est étonnant qu’un si grand nombre de peuplades restent paisiblement sous le joug avilissant et ruineux de ces Touariks, lorsque, si elles voulaient se réunir et s’entendre, elles pourraient les écraser si facilement. Les Dirimans, les Ginbalas, les Kissours et les Maures des tribus de Zaouât et de Salah, réunis, seraient bien supérieurs aux Touariks, et ils s’en délivreraient pour toujours. Les Touariks craignent les armes à feu et n’en font