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TURQUIE.
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obligé à Dieu et à mon gouvernement de donner aux Turcs la liberté de se défendre.

Agréez, monsieur le commandant, etc.


Suleïman-Pacha,
Gouverneur-général de l’île de Crète.


» P. S. Au moment de cacheter ma lettre, je viens de recevoir un courrier d’un de mes commandans de troupes qui sont dans la campagne, pour m’annoncer les nouveaux desseins entrepris par les Grecs. Voici le contenu de sa lettre :

« Les Grecs ont été annoncés, il y a quelques jours, du côté de Scitia[1] ; mais il paraît que les mauvais temps les ont empêchés d’effectuer leurs desseins. Aujourd’hui je reçois la nouvelle, qui me paraît certaine, que cinq cents rebelles sont effectivement arrivés, tandis qu’un nombre égal est attendu pour se joindre aux premiers, et fondre impitoyablement sur le paisible district de Scitia. »

L’attaque des Grecs sur le district de Scitia, et les désastres qui en avaient été la suite, venaient d’être connus du commandant Maitland. Le docteur Caporal, qui lui en apportait la nouvelle, et venait de la part de Suleïman lui demander secours pour la population turque de ce district, le trouva à bord de son vaisseau, engagé dans une conversation très-animée avec le baron de Reyneck. Il était précisément question de cet envahissement, qui avait eu lieu au moment l’armistice de fait existait encore. Le baron allégua que les Grecs avaient marché à son insu ; mais on lui objecta que les Turcs étaient instruits depuis plusieurs jours de ce projet, et que par conséquent, il était difficile qu’il ne l’eût pas connu.

Le commandant donna lecture du rapport qu’il avait fait à

  1. District de la province de Pidia.