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Page:Revue de métaphysique et de morale, supplément 5, 1914.djvu/3

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A. de Maday : 1° Philosophie du droit, semestre d’hiver : partie spéciale (systèmes politiques) ; semestre d’été : partie générale. — 2° Sociologie. Semestre d’hiver : Histoire des théories sociologiques ; semestre d’été : Sociologie théorique : les lois naturelles régissant la vie sociale. — 3° Législation sociale comparée. — 4° Séminaire de législation sociale (spécialement : enquête sur les cinématographes).

AGRÉGATION DE PHILOSOPHIE

Concours de 1914 : 1° De la conscience. 2° Des rapports logiques et de leur valeur. 3° De la certitude chez les Stoïciens et chez Descartes.

DIPLÔMES D’ÉTUDES SUPÉRIEURES DE PHILOSOPHIE
Faculté des Lettres de Paris.

M. Béguin : Les signes du langage chez les idéologues.

Mlle Frelin : La mémoire logique.

Mlle Gernez : Passage de la doctrine du fait primitif à la doctrine de la croyance chez Maine de Biran.

Mlle Lassalle : L’indifférence affective.

M. Ostrovsky : Les rapports de la liberté et du déterminisme chez Renouvier.

M. Zervos : Sur la possibilité de la conjonction ou de l’union de l’homme avec l’intellect actif et avec Dieu d’après Al-Kindi, Al-Karâbi, Avicenne, Al-Cazâli, Ibn Gebirol, Ibn Badja et Ibn Thofaïl.

Dijon.

M. Duprez, inspecteur primaire à Semur. 1° Mémoire : L’enseignement de la morale à l’école laïque.

2° Texte : Spinoza, Éthique, I.

Lyon.

1° Mémoire : Le droit de punir.

2° Texte : Fichte : Reden an die deutsche Nation.

Montpellier

1° Mémoire : L’idée de la science chez Socrate. Auteur : Schopenhauer, Kritik der Kantischen Philosophie.

̃2° Texte : Les vérités contingentes selon Leibniz. Auteur : Cicéron, De Officiis, livre I.

LIVRES NOUVEAUX

L’Allemagne au-dessus de tout. (La mentalité et la guerre). (Études et Documents sur la guerre), par E. Durkheim, 1 br. in-8 de 47 p. Paris, A. Colin, 1915. — La conduite de l’Allemagne pendant la guerre dérive d’une certaine mentalité. Il y a là tout un système mental et moral qui, constitué en vue de la guerre, restait, pendant la paix, à l’arrière-plan des consciences. Ce système se résume dans la formule « Deutschland über Alles ».

Treitschke dans l’ensemble de ses ouvrages, et plus spécialement dans sa Politique a largement exposé ce système ; c’est d’après lui que M. Durkheim l’analyse et s’il l’a choisi, c’est que Treitschke n’est pas un penseur original et que sa pensée est celle d’une collectivité ; très mêlé à la vie de son temps, il exprime la mentalité de son milieu. Ses principes sont ceux-là mêmes que la diplomatie allemande et l’État-major allemand mettent journellement en pratique.

Voici, à grands traits, quels sont ces principes : l’État est au-dessus des lois internationales ; il n’est pas lié par les traités ; la guerre est la seule forme de jugement qu’il puisse reconnaître. L’État est puissance ; un état faible est un non sens ; les petits états n’ont aucun droit à l’existence. L’État est au-dessus de la morale, son seul devoir est d’être fort ; la fin justifie les moyens. L’État est au-dessus de la société civile ; entre l’individu et l’État il y a une véritable antithèse ; seul l’État a le sens de la chose commune ; le devoir des citoyens est d’obéir.

Les actes de l’Allemagne ne sont que l’application logique de ces idées : violation de la neutralité belge et des conventions de la Haye, guerre systématiquement inhumaine, négation du droit des nationalités.

Le système mental qui vient d’être étudié n’est pas fait pour la vie privée et de tous les jours ; on n’entend pas soutenir « que les Allemands soient individuellement atteints d’une sorte de perversion morale constitutionnelle qui corresponde aux actes qui leur sont imputés ». Mais, la guerre déclarée, il s’empare de la conscience allemande, il en chasse les idées et les sentiments qui lui sont contraires.

Ce système repose sur une hypertrophie morbide de la volonté : « besoin de s’affirmer, de ne rien sentir au-dessus de soi, impatience de tout ce qui est limite et dépendance, en un mot volonté de puissance ». De cette poussée d’énergie cherchant à s’expliquer à elle-même « est née cette mythologie pangermaniste, aux formes variées, tantôt poétiques et tantôt savantes, qui fait de l’Allemagne la plus haute incarnation terrestre de la puissance divine ».

Ainsi l’État allemand doit être au-des-