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– 30 – face des corps. Il s’inspire de Newton pour l’action de l’aimant sur le fer et ta théorie planétaire. Enfin pour la notion de loi, entendue au sens moderne il l’entprunte à Newton, et il dît que la vérité doit être établie par l’expérience1. Au nom de sa méthode expérimentale et physique Knutzen prétend établir son immatérialîsme l’influx physique est établi par l’expérience. 11 est spiritualïste. L’harmonie préétablie est un dualisme de savant. Pour Knutzen, l’âme est motrice, et l’âme représentative agit directement sur l’âme motrice. C’est pourquoi il ne veut pas de l’harmonie préétablie. L’harmonie préétablie préoccupe les piêtistes, parce qu’ils sont préoccupés du rapport (te l’inspiration sacrée et de l’expression littérale. Knutzen a exprimé ailleurs sa conception mystique il est rationnellement nécessaire que la religion ait été révélée. 11 y a une apologétique expérimentale de la religion, fondée sur l’expérience. C’est t’oppose de l’esprit rationaliste d’un Leibniz. M. Van Biéma. Si Knutzen s’était donné comme un adversaire de Leibniz, ma thèse serait mal posée. Mais Knulzen se donne comme un Leibnizo-wdlfien, et c’est pourquoi mon livre a sa raison d’être. Il se donne comme un philosophe qui ne fait pas peu de cas de l’intelligibilité et ne se fonde pas sur l’expérience. Il préfère son influx physique o. celui des seolastiques, uniquement. parce qu’il considère le sien comme intelligible. M. Rmih. Vous attribuez beaucoup .d’importance à ce que les philosophes pensent d’eux-mêmes. Mais il y a petitêtre une façon plus objective de les étudier, indépendamment de la conscience qu’ils ont d’eux-mêmes. II. L’Espace et le Temps chez Leibniz et chez Kant. Expos’é. – L’opposition, nette, en apparence, qui existe entre les deux doctrines de Leibniz et de Kant sur l’espace et le temps, le devient beaucoup moins après un examen prolongé. Alors, ou bien on peut être tenté de maintenir l’opposition en exagérant certaines formules, ou bien on essaie de tirer Kant. au leibnizianisme. D’où l’utilité de préciser le sens exact des deux doctrines, pour déterminer leur rapport. II convient de se représenter l’opposition générale du leibnizianisme et eL du kantisme la thèse présente examine une des faces de cette opposition. J’avais un fU conducteur tout trouvé dans l’exposé kantien chez Kant, il y a l’exposé d’un certain nombre de problèmes dont l’ensemble constitue le problème de l’espace et du temps. J’avais donc à me vos conclusions. Vous avez essayé de montrerque Knutzen n’est pas conséquent avec lui-même. Ce n’est pas une question bien passionnante. Ce qu’il y avait d’intéressant dans Knutzen, c’était le passage de l’interprétation dynamiste qui a été celle d’un Maine de Biran et encore d’un Janet. Ne peut-on considérer la théorie de Knutzen comme un moment entre la théorie de Leibniz et celle de Kant? Vous me semblez avoir négligé de votre sujet ce qui pour nous aurait été le plus interessant. Martin Knutzen n’a pour nous qu’une intérêt historique, et je vous reproche de l’avoir considéré dogmatiquement. l M. Van Biéma. Je me suis préoccupé des rapports de Knutzen et de Kant, et ce fut même le point de départ de ma thèse. Mais Kant interprétait te leibnizianisme comme moi, et je l’ai remarqué dans ma grande thèse. M. Siiailles. Ne pe cMruif a. ce qui a conduit à transformer le monadîsme en dynamisme, c’est Se besoin de répondre à la science moderne? M. Van Biéma. Pour ma part, je suis convaincu que si les piètistes n’avaient pas été attaches il l’influx physique, Knutzen. n’aurait pas eu de raison de venir à l’influx physique, sauf une, tirée de l’insuffisance de la théorie woliienne. Ce sont des raisons religieuses et la méconnaissance de ce qu’il y a de plus profond dans le leibnizianisme qui a conduit Knutzen h sa doctrine. M. Raidi, Votre thèse est faite avec conscience et probité. Je vous aurais fait les mêmes critiques qu’on vous a faites, si maintenant il n’était inutile de les répéter. Mais j’avoue que vous auriez pu nous montrer un Knutzen plus intéressant il représente un certain type de croyant et de savant, qui s’est développé sur le modèle de Newton. Ils ont l’idée que la science est expérimentale et que la croyance est également chose d’expérience. Et alors il n’est pas étonnant qu’un penseur comme Leibniz, à la doctrine systématique, ne fût pas complètement intelligible à un Knutzen. Il aurait fallu nous présenter en Knutzen et Leibniz deux types de croyant. Que pensezvous de mes deux portraits? Knutzen est un newtonien. D’abord, pour les détails, il cite Newton comme un de ceux qui ont réfuté la doctrine de l’harmonie préétablie. Puis Knutzen se préoccupe cle la différence entre l’action immédiate et l’action au contact; ceci rappelle des passages de Newton qui n’admettait pas d’action àdistance. Quand i! dit que l’âme est dans l’espace, ii veut dire qu’elle agit à la sur-