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devant l’objectivité du « fait » ; pour leur disciple, le fait est un « démon » qu’il faut exorciser.

Peut-être suffira-t-il d’avoir montré la place que désire occuper M. Pollack parmi les philosophes contemporains. Il apporte plus de mots nouveaux que de preuves nouvelles. Sa méthode est plutôt historique et critique qu’elle n’est inventive. Signalons un effort pour enrégimenter Hertz dans l’école, bien qu’il ait affirmé sa foi dans la valeur absolue de l’expérience et dans la valeur éternelle de la logique. Le dernier chapitre est une invocation de Nietzsche : c’est le vrai patron de l’auteur qui lui devait bien cet hommage.

Sociological Papers, volume III, 1906.








Published for the Sociological Society. 1 vol. iii-8 de xr-382 p., London, Macmillan, 1907. Les auteurs des communications réunies dans ce volume sont avant tout préoccupés du problème qui hante l’imagination des Shaw et des Wells comment créer une élite? C’est là l’objet de la science nommée par Galton « Eugenics qui essaie de combiner en vue de cette création les données biologiques avec les données sociologiques; résoudre ce problème, telle est l’ambition de la Sociological Society devant laquelle ont été lues les communications. La première d’entre elles est celle de Archdall Reio sur les fondements biologiques de la sociologie ». Ne croyant ni à l’action du milieu, ni à la puissance,de l’hérédité, l’auteur voudrait voir le procédé de l’élevage appliqué aux races humaines. « Un procédé réalisable dans la pratique par W. McDouoALL. Les mesures négatives .préconisées jusqu’ici pour le progrès de la race, telles que le malthusianisme et les restrictions à la liberté du mariage, sont difficiles à employer sans injustice et sans danger; elles risquent toujours d’être vaines. La méthode de l’élevage à la Platon et à la Bernard Shaw est impraticabte. Les mesures « eugéniques » positives de Galton et de Karl Pearson peuvent seules donner un résultat. L’auteur voit dans une augmentation des salaires et des rémunérations de toutes sortes un moyen de favoriser la reproduction des classes supérieures. L’étude des individus », par J. Lionel Tayloh. La sociologie doit avoir aussi pour fondement l’individuologie. De cette façon, elle pourra développer les individualités dans leur sens naturel, et servir à la connaissance mufuelli! des individus. « Dans quelle’ mesure la sociologie doit faire appel à la biologie par J. Ahthdr Thouson. Il faut n’opérer qu’avec ’pru-

dence des rapprochements entre ces deux sciences. Le processus de sélection sociale implique un élément de rationalité. Il est infiniment ptus subtil que celui de l’élevage 11 existe des relations sociales complexes qui n’ont pas d’analogues dans?tes races animales. Suggestion d’un plan de musée civique », par Patrick Geddes. ci L’origine et la fonction de la religion » par A.-E. Crawliîy. Cette conférence présente un intérêt particulier. L’auteur voit dans la religion une tonalité psychique. Elle se manifeste surtout aux époques biologiques », au moment de la puberté, du mariage, des nouvelles naissances, de la mort. L’homme devient religieux quand il s’agit pour lui d’une affaire de vie et de mort. La religion affirme et consacre la vie. Elle est une exaltation de la nature humaine et de l’individualité. Elle aboutit à. un monisme réaliste qui proclame la réalité de t’univers. Starbuck, Leuba, le comte Goblét d’Alviella, Sergi, Steinmetz, Tônnies ont envoyé à l’auteur d’intéressantes observations. « La sociologie dans les Universités », par R. M. Wenley. On fait trop peu de sociologie en Amérique; si on en fait, c’est uniquement dans l’intérêt d’une autre étude, et non pour développer la sociologie elle-même. Aussi beaucoup se donnenl-ils pour des autorités et on les croit sur parole. « La révolution russe », par G. DE Etesseutso. Le problème des sans-travail, par W. H. Beveridoe.. Méthodes d’investigation », par Mus Sicney WEBB. Parmi les méthodes dont use la sociologie, deux lui sont communes avec toutes les sciences l’observation et l’expérience; quelques sciences seulement se servent de statistiques; enfin les interviews et les enquêtes faites sur les témoignages des écrivains, sont des méthodes spéciales à la sociologie. La méthode des statistiques empêche les erreurs plutôt qu’elle ne sert à découvrir les vérités. « La prétendue science dela sociologie par H. G. Wells. Wells veut.faire de la sociologie à la fois une étude des faits historiques entreprise à un point de vue social, et une création d’utopies. il prêche le retour à la sociologie platonicienne. Bernard Shaw et M. Kidd ont pris part à la discussion de cette thèse. » H ne faut pas aborder l’étude de ces vastes questions, dît M.Kidd dans une autre discussion, armé seulement d’un compas et de quelques généralisations biologiques. Et Galton, que les conférenciers