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Ce système, mélange de théories sensualistes et de théories idéalistes, manque surtout de cohérence.

M. Boutroux remercie le candidat d’avoir entrepris ces études sur la philosophie italienne trop peu connue en France ; il l’engage à les continuer et à les perfectionner.

Vous êtes peut-être trop modeste pour votre œuvre : l’étude de Galuppi présente le plus grand intérêt pour l’historien de la pensée italienne au xixe siècle. Vous avez montré, et trop facilement, que Galuppi n’était pas un penseur, mais votre jugement eût peut-être été moins sévère si vous aviez considéré son œuvre d’un point de vue historique : Galuppi a été un promoteur, il a instauré une philosophie qui a vécu. Il eût fallu nous montrer à la rencontre de quels courants sa philosophie est née et aussi par quelle évolution elle à pu devenir celle de Rosmini ou de Gioberti. Peut-être aussi eussiez-vous été moins sévère pour ses contradictions si vous vous étiez rappelé qu’il y a deux sortes de contradictions : il y a la contradiction destructive qui ruine les systèmes, mais il y a aussi les contradictions fécondes qui déterminent le progrès. Eh bien ! c’était une contradiction féconde que celle que vous reprochez à Galuppi, la contradiction entre l’empirisme et l’idéalisme.

Avant de donner la parole à M. Delbos, M. Boutroux fait remarquer que le mot logique ne peut s’appliquer à un homme, il faut dire conséquent avec soi-même : il sait bien qu’un certain usage tend à s’établir là contre, mais, s’il faut suivre l’usage, encore faut-i ! que ce soit l’usage de ceux qui parlent bien.

M. Delbos s’associe aux éloges de M. Boutroux.

Vous vous êtes placé au commencement d’un mouvement ; Galuppi est le premier en date des philosophes éclectiques italiens : n’a-t-il pas eu cependant de précurseurs ? Il en a eu certainement, mais ce qui fait son originalité, c’est son souci de tenir compte du Kantisme. D’ailleurs ce que je vous reprocherai surtout, c’est de ne pas a voir replacé votre auteur dans son milieu intellectuel.

Votre travail très consciencieux est trop une explication littérale, il fallait montrer moins de docilité à la lettre de l’auteur. Vous n’êtes pas toujours assez pénétrant lorsque vous parlez en votre propre nom et trop souvent vous entrez dans les façons vagues et superficielles que vous reprochez à Galuppi. Voyez en quels termes (p. 79) vous opposez le rationalisme et l’empirisme. Croyez-vous que pour Platon, par exemple, l’idée soit quelque











r-o-.e d’abstrait ? Je croi s au contraire que c’est quelque chose de tout à fait concret. M. PiU/iorièts. Je crois que l’on peut enioii’iie le mot abstrait de deux façons – ce mot peut désigner une qualité dans son sujet – et aussi un concept foriné. par l’.ic’ivitê de IVfprit travaillant dans les donnrcs de l’expérience. C’est dans ce dernier sens que je l’ai entendu. M. Delpas. L’essentiel de voire sujet était les ratiportb de la philosophie de Galuppi avec le Kantisme. Or c’est un fait. que le véritable esprit du Kantien.— a toujours échappé ûUaluppi. Pourquoi.’Vous auriez ̃1i’i vous le demander. N’c^t-e pas qu’ini clin. par scs l.sctuivs et par son éducation Galnppi a pr.s la Critique de la Raisvr> i-ure pour une œuvrp il’iflùologie et qu’il n’a pas compris que cotait une doctrine de la science et d’un.— certaine j science 11 a cru que c’était un ouu-age I sur l’origine de nos idées et de nos conj naissances an mi’-ine titre que l’e-sai de | C’indiHiic D’ailleurs vous savez qu’il fais de ConJillac un précurseur de Kant. M. Palhoriès. Je n’ai pas méconnu la question. Plusieurs fois j’ai lepett que si Galuppi n’avait pas compris Kant, c’est qu’il était imbu des doctrines pensualistcs. Voje/ par exemple ce que je dis— ip. 8 ? j, à propos de ses rapports avec Locke, qu’il était au fond et qu’il fut touimirs un sensuaihte. M. i>oî. Il fallait le dire d’une façon plus complète et surtout pin— systématique. Je termine par deux remarques Vous dites que Gaiuppi n’a pas connu M. de Biran, et c’est assez probable, mais vous donnez comme raison que Cousin n’a édité les rc’iivres de ce phitosophe qu’en ISU. Vous oubliez qu’en JS03 avait paru la brochure sur— L’inftucwc de l’habitude et en ICI".’examen des leçons de. Larunii^uière p. 8fi, uudriez-vous insinuer que LriUui ? fut pour Galuppi un professeur d’incohérence ?


AI. Pidhi.fiès. Je regrette que ma réd.ietion ait pu vous le laisser supposer. J’ai voulu dire qu’il l’avait peut-être lu en même temps que Locke ff qu’il leur avait pris à tous deux des théories conlradietoires. ̃ j ̃

M. Delbos, 11 ne semble pas qu’il ait jamais eu de la philosophie de Leibniz une idée, je ne dirai pas nette, mais même approchante "de celle qù’iî a’pu se faire de Kant.

M. Bbitfflé s’associe aux éloges de ses Collègues.

Je crois que vous avez : exagéré l’Incohérence de votre philosophe et tout au moins que vons lui avez prêté une contradic-