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ture organique » telle, qu’on ne peut rien leur ajouter ou rien leur retrancher.

Dans la deuxième partie de son ouvrage, de beaucoup supérieure à la première, M. A. Levi étudie « le fonctionnement de l’imagination artistique ». La genèse d’une œuvre d’art comprend trois moments, « inspiration, création, exécution » ; l’auteur en étudie les rapports : que devient la vision initiale ?

Ce qui distingue les artistes, ce n’est pas la technique, mais l’inspiration (thèse d’ailleurs insuffisamment démontrée par l’auteur). L’inspiration a pour condition nécessaire un « état de tension générale de l’esprit » (p. 122) ; mais en elle-même la révélation garde toujours un caractère









mystérieux. Elle est tantôt vision, d’en^ = semble ( « les Maîtres Chanteurs » ) et tantôt comme un point autour duquel se groupent les éléments du travail artistique {Salammbô). L artiste éprouve, ensuite un sentiment de contrainte, puis’délibération le moment créateur intervient. Pendant cette période de maturation silencieuse, l’artiste voit se soulever àe^_ vant lui une série de voiles quLlaissent_ apparaitre l’intuition première. ; sous des formes (le plus en plus concrètes ; il passe de la souffrance à la joie ; la création es.t ; libération. La réflexion et le facteur volontaire dirigés par le sens de l’harmo-niejouent ici un rôle important de nouvelles inspirations sontaussi susceptibles d’enrichir le germe primitif ou déletransformer complètement. A l’aide d’exemples fort intéressants et empruntés aux manifestations artistiques les plus diverses." .M. A. Levi nous montre les oscillations, , de ce processus infiniment complexe. Le troisième moment est « l’exécution _ »._ L’auteur se borne le plus souvent à nous livrer ici des citations sans commentaire, et cette partie n’a pas reçu l’ampleur^qui lui convenait. "̃ —S

L’étude de M. A. Levi, souvent trop générale et parfois d’une analyse psychologique insuffisante, reste précieuse par.la solidité de sa documentation et.l’effort_ d’interprétation.. r.

CorrentidiFilosofiaContemporanea a Cura del Circolo Filosofico di Genova. 1 vol. in-S de 144 p., Gènes, Formiggini. 1013. – Ce recueil de conférences., faites à la Société de Philosophie de Gênes sur les sujets les plus divers ne renferme ; aucune indication sur « les courants de la philosophie contemporaine », commeson titre permettrait de le supposer.Signalons, parmi les plus importants,

l’article de Koberto B enzoni, Filosofiae Religione, où l’auteur, s’inspirant de la_ méthode lcantienne, distingue dans les^

phénomènes religieux « l’apport de l’expé— ̃ rience et la fonction de l’esprit ». La philosophie est, selon M. Benzoni, une « Tonne de la connaissance » ; la religion « .une forme de.la vie, une "réaction totale de l’homme en face de la réalité », L’article de F. Momigliano, Roberlo Ardigâ e la, crisi del yositivi.smo, met bien en lumière les caractères du positivisme italien et ses rapports avec le positivisme français et anglais ; celui-de R. Savelli, il conceïfo’. e la filosofia, renferme de bonnes,’mais trop brèves indications. sur la philosophie de Croce et ses rapports avec celle de Hegel,

Rousseau nella Formazione délia Coscienza Moderna (Extrait de la Rivista Pedagogica, Ann. —VI, vol,. I., fasc. 3, déc. 1912), par Rodo.lfo Mondolfo. 1 vol. in-8 de 48 p., —Genève, Formiggin.i, 1912. – C’est à. tort, selon M..•Mondolfo, que Gomperz a rapproche Rousseau des Cyniques lorsque Rousseau parle d’un retour à la nature, il s’agit uniquement pour Lui de. retrouver l’humanité, et non l’animalité, de revenir à la vie, à la vériËé intérieures. Jusqu’àlui, en effet, le subjectivisme philosophique est intellectualiste. C’est lui qui donne la formule du subjectivisme sentimental. C’est là ce qui le sépare » le plus profondément de l’Ecole encyclopédique, préoccupée avant tout de la, connaissance de la nature et de l’ordre extérieurs. De ce subjectivisme sentimental résultent des conséquences morales, l’amour de soi, qui n’est point l’amour-propre, mais l’amour de ce qu’il y a d’humain en nous, et l’affirmation de la liberté, La liberté est un : droit et un devoir, une exigence de la dignité morale. C’est en donnant au principe individualiste son sens humain, et non pas égoïste, qu’on J)eut résoudre le problème des rapports entre l’homme et la société, entre le droit naturel et le droit politique, entre la liberté et la volonté générale. Car la volonté générale n’est pas la volonté de tous. Elle n’est pas la somme quantitative dés amours-propres, mais plutôt la synthèse qualitative des amours de soi ".Aussi chacun, en obéissant àla-loi, expression de la volonté générale, n’obéit en vérité qu’à lui-même.

C’est après avoir analysé ces principes que l’auteur recherche l’influence de Rousseau dans la formation de la conscience moderne. H la voit un peu partout, dans, la philosophie de Kant et de ses disciples, chez Fichte, dans tout le mouvement littéraire des romantiques auxnaturalistes, de Goethe et de Hugo à Zola, dans l’anti-intellectualisme de Maine de Biran etde, ] ? euerbaçhj dans la philosophie reli