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tant qu’historien, la philosophie du moyen âge comprend pour lui toutes les œuvres philosophiques de cette époque ; en tant que philosophe proprement dit, l’auteur ne désigne plus sous ce nom que le « Gemeingut » de la pensée médiévale, c’est-à-dire, en somme, le système thomiste. Et cette attitude s’explique aisément puisque le but que se proposent les néo-scolastiques est de grouper les esprits autour d’une même philosophie catholique. On raisonne donc, en fait, comme s’il n’y avait eu qu’une synthèse scolastique ; mais pour l’historien impartial il y en a eu au moins deux : celle de saint Bonaventure et celle de saint Thomas. Que si l’on réserve à celle de saint Thomas le nom du scolastique, il faudra dire tout au moins que le catholicisme connaît deux synthèses philosophiques également traditionnelles. Et l’on n’aura toujours pas le droit d’argumenter comme si le ralliement devait nécessairement se faire autour du seul saint Thomas.

De plus on peut juger insuffisantes les raisons alléguées par le Dr Grabmann pour établir la possibilité d’un retour des esprits au système thomiste. Il est incontestable que l’échec du positivisme absolu et l’affaiblissement progressif de l’influence kantienne ont ramené la spéculation philosophique aux grands problèmes métaphysiques ; on se pose de nouveau les questions que se posait saint Thomas ; on peut citer encore des directions philosophiques contemporaines qui, par certains points, s’accordent avec les siennes, mais ces rencontres isolées ne prouvent rien. Il n’est pas dit, en effet, que celles d’entre les directions philosophiques d’aujourd’hui avec lesquelles s’accorde le thomisme soient précisément celles qui doivent, en fin de compte, prévaloir. Si le néo-vitalisme est acceptable pour la néoscolastique, le mécanisme, qui, lui aussi, est une tendance contemporaine, n’est nullement acceptable : or c’est peut-être lui qui doit finalement l’emporter. La simple énumération des cas favorables est une mauvaise méthode de démonstration. Ce qui résulte le plus évidemment de cet opuscule, c’est que, même pour des esprits familiers avec la culture moderne, la philosophie de saint Thomas est encore tenable. Cette survivance ne s’explique pas uniquement par des raisons philosophiques. Il n’en est pas moins infiniment honorable pour un système de laisser ouverte, après six siècles d’existence, une telle possibilité.

Die Wissenschaft Demokrits und ihr Einfluss auf die moderne Naturwissenschaft par Louis Löwenheim, herausgegeben von Leopold Löwenheim









(Archiv fur Geschichle, * der Philosophie, .Bgiiigè zu’Band XXVI, Heft 4). 1 vol. in-8 , de 48 p., Berlin", Leonhardt Simion, 1913. -r-La— philosophie, moderne commence au moment-of) Galilée réfute définitivenient la/doctrine d’Arislote. Bacon, Gassendi .èt : Hobbes dépendent de Galilée, comme le prouvent des textes formels » Or, Galilée lui-même se rattache à Démocrite.on peut : le prouver.. lin exposant’ ses vues.sur l’accélération, Galilée se •réfère à une allusion qu’Alexandre ’.d’Aphrodise fait l’astronome Hipparque (p. 9). Mais Galilée, tient. du commentaire de Simplicius sur ta Physique d’Aristote le texte d’Alexandre d’Aphrodise. Or, dans ce même texte, il est question de ’Démoerite (p. 10). Cela établi, M. Lôwenheim expose les doctrines de Démocrite. Geschichte— der neueren Philosophie von Nikolaus von Kues bis zur Gegenwart im Grundriss dargestellt. ̃ Siebente verbesserle und ergdnzte Auflage, par Richard’Falckenberg. 1 vol. in-S de viii-692 p., Leipzig, Veit et C’ 1913. La première édition de ce livre a paru en 18SS. L’aute.ur l’avait conçu sur le modèle du célèbre Grundriss der Geschischte des griec/nscken Philosophie de .Zeller (1883). Mais, surtout, il voulait en faire un manuel d’enseignement d’où seraient exclues les discussions et les interprétations personnelles et qui fût plus maniable que.l’ouvrage d’Ueberweg et plus précis que celui de Windelband. Les défauts /lu livre sont restés les mêmes que dans les..éditions précédentes. L’exposé est clair, agréable et super.ficieK : il est scolaire-en ce qu’il explique tout, même ce qui n’a pas besoin d’explication. Par contre, il est d’ordinaire très réservé en ce qui concerne les difficultés véritables d.es systèmes. Le nombre des doctrines, étudiées est trop grand pour un ouvrage d’enseignement, il est trop petit pour un livre de références. La part faite à la philosophie post-kantienne est excessive, comme dans tous les manuels allemands. Le plan adopté est fâcheux.il n’est ni méthodique, ni chronologique. Par exemple, Lotze vient après Boutroux et Bergson. La bibliographie est abondante et elle sera commode à ceux qu’effrayent les listes compactes d’Ueberweg. La partie consacrée à la philosophie contemporaine est soignée et, en général, exacte. C Spinozas philosôphische Terminologie historich und immanent kritisch untersuehtpar Gustav Theôuor RICHTER. (Erste. Ableilung,. GrUhdbeg>i/[e der Metaphysih). i vol. gr. in-8 de 170 p., Leipzig,