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la mauvaise et de la bonne rhétorique. Une étude sérieuse de l’amour implique une analyse psychologique, impossible elle-même sans une connaissance des principes de la métaphysique. M. Potempa estime que les mythes du Phèdre contiennent des éléments philosophiques importants à côté de simples images. Notamment il est clair d’après le grand mythe (p. 237 D et suiv.) que le lieu « supracéleste » et le « champ de la vérité » ne sont pas moins mythiques que le char de l’âme et ses deux coursiers. Ce qui exclut, selon M. Potempa, l’interprétation réaliste du Platonisme et nous empêche de croire à l’existence distincte des Idées (p. 57, note 5). L’Idée est l’idéal moral vers lequel les hommes doivent tendre, la divinité qu’ils imitent sans l’approcher jamais (p. 58). L’objet essentiel du Phèdre est de développer une morale analogue a la morale chrétienne. Comme le christianisme, Platon admet la présence en l’homme de deux instincts opposés qui luttent et dont l’un doit être subordonné à l’autre.

Ce travail honnête n’apprendra que peu de chose à ceux qui le liront. Il aborde un grand nombre de questions difficiles, sans donner sur aucune d’elles autre chose que de vagues indications. La thèse qu’il soutient n’est pas nouvelle. Et il n’ajoute rien à ce qu’avait dit par exemple F. A. Cavenagh.

Meister Eckharts Reden der Unterscheidung, herausgegeben von Ernst Diederichs. 1 vol., in-16, de 45 p., Bonn, A. Marcus und E. Weber, 1913. — Ce petit volume ainsi que les trois suivants fait partie d’une série intitulée : Kleine Texte für Vorlesungen und Uebungen, éditée par H. Lietzmann. Une brève introduction précise le caractère du traité de Maître Eckhart et détermine les sources dont l’éditeur s’est servi pour établir son texte. La publication est faite avec beaucoup de soin ; les variantes sont indiquées, ainsi que les références aux textes de l’Ecriture ou des Pères qui se trouvent cités dans le traité. Peut-être n’eût-il pas été impossible d’être plus complet sur ce dernier point, mais, telle quelle, cette publication facilitera beaucoup l’explication d’un texte célèbre qu’il était difficile de mettre entre les mains des étudiants.

Texte zu dem Streite zwischen Glauben und Wissen im Islam, par M. Horten. 1 vol. in-16, de 43 p., Bonn, Marcus und E. Weber, 1913. — L’auteur estime qu’il est intéressant pour l’historien de la philosophie médiévale de comparer la solution que les philosophes occidentaux ont apportée au problème des rapports entre la foi et la raison avec celle qu’en ont proposée les









philosophes musulmans.’Contrairement à l’opinion ^courante, ils n’ont pas voulu superposer une philosophie à leur révélation comme une forme supérieure à une forme inférieure de connaissance. Ils ont voulu défendre leur révélation. Leurs systèmes, considérés du point de vue de l’histoire, sont. des tentatives apologéti.ques pour harmoniser les dogmes coraniques avec la science de leur’temps. Plus exactement, ils représentent les efforts poursuivis pa"r l’Islam lui-même pour se mettre en accord avec la connaissance naturelle. C’est ce que l’auteur établit de la façon la plus heureuse en groupant des textes, caractéristiques de Farabi, Avicenne, -Gazali et Averroès sur la doctrine de. la prophétie et.de la révélation. Les pages consacrées à la philosophie d’Averroès sont particulièrement précises et intéressantes. Urkunden zur Entstehungsgeschichte des Donatismus, par Hans voN Soden. i vol, 4n-16, de 56 p. Bonn, Mârcus und B. Weber, 11I13. Les documents relatifs à la première phase du mouvement. donatiste ne nous sont parvenus qu’incomplets et se trouvent dispersés dans des recueils très divers. L’un des plus importants est le reste d’un recueil d’actes publié par Optatus en appendice à son ouvrage contre le donatisme : A.cette source s’ajoutent les fragments d’actes insérés. dans les écrits polémiques d’Augustin contre les donatistes ’et dans sa correspondance. Viennentenfin les Gesta collationis carthaginiensi.i et les lettres de Constantin conservées par Eusèbe. L’auteur publie à part ces divers documents, , selon l’ordre chronologique, en donnant pour chacun l’appareil critique le plus completet des notes qui se limitent volontairement aux problèmes que soulève l’établissement du texte. Hugo von Saint-Victor. S oliloquium de Arrha animae und de Vanitate muadi, herausgegeben von Kakl MûlLER. i vol. in-16, de.ol p., A. Marcus und E.’Weber, Bonn, 1913. – II faut louer sans réserve le —choix qu’a fait l’éditeur de ces deux dialogues. Les travaux les plus récents relatifs à Hugues de Saint-Victor ont’mis en évidence le rôle de premier plan qu’il a joué dans l’histoire de la philosophie médiévale. Son influence se retrouve jusque chez les penseurs en apparence les moins ouverts à la spéculationmystiquedesvictorins. Ses ouvrages demeurent cependant enfermés dans des collections peu maniables et sur les-