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justification (IIe partie, chap. ii et iii), il consiste tout simplement à chercher la liaison réelle de la règle à la volonté, à unir le « but » et le « motif », sinon à les confondre. Est-ce là de la « motivation directe », indirecte ? Je ne sais trop, mais en tout cas cela n’a aucun rapport avec cette « justification par motifs faux », dont M. Belot parle dans le paragraphe précédent et qu’il paraît encore avoir en vue dans le passage où il me met en scène.

De plus les termes du même passage semblent me classer comme adversaire de « la morale dite laïque » ou de la « morale positive ». Je dois protester contre une telle apparence, qui ne correspond certainement pas à la pensée de M. Belot. J’ai fait la critique de certaines formes de morale laïque, lesquelles sont aujourd’hui en usage dans notre enseignement public ; mais la forme morale que je propose est tout aussi laïque, laïque ne s’opposant correctement qu’à confessionnel. Quant à la morale positive, il me serait difficile de m’en reconnaître l’adversaire, ayant donné comme sous-titre à mon premier ouvrage de morale (l’Organisation de la conscience morale) : esquisse d’un art moral positif. Si morale laïque désigne bien toute morale non-confessionnelle, si morale positive désigne bien toute morale reposant uniquement sur l’observation des faits, je suis non un adversaire, mais un représentant de la morale laïque et de la morale positive. Je tiens à ce qu’il n’y ait aucune équivoque sur ce point.

M. Belot fait encore allusion à mon livre en concluant (p. 497). Ici je n’ai guère à dire, sinon que je ne conçois pas très clairement le reproche qui m’est fait. Sans doute les « motifs » consistent-ils à justifier les règles devant la conscience morale individuelle ? Alors nous sommes d’accord, puisque tout mon effort a été de chercher par une analyse critique de faits et de doctrines bien déterminées les conditions réelles de cette justification. Je n’ai rien prétendu «assurer d’emblée », mais mon analyse m’a conduit à certaines conclusions. Sont-elles fausses ? Peut-être si mon analyse est fautive, mais on ne me l’a pas encore montré. Jusque-là je garde l’espoir de n’avoir pas compromis des personnes aussi respectables que la théorie morale et la pédagogie morale.

J. Delvolvé.


ERRATUM.

Dans le Supplément de novembre 1911, p. 7, col. II, l. 1, au lieu de « générale» lire « géniale ».


Coulommiers. — Imp. P. Brodard.