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– 21 – correspond au système du déterminisme. L’esprit démocratique et idéaliste en philosophie et en art a envahi le monde de plus en plus. Le christianisme a été un pas immense dans cette voie, le pas fatal.’ Pour adopter le réalisme ou le déterminisme, il faut des hommes au caractère fort. C’est la conception esthétique qui ne convient qu’aux élites. Il y a un rapport historique, naturel, quoique non nécessaire, entre la théorie littéraire de l’art pour l’art et le réalisme dans le sens-d’objectivisme. «̃̃ "̃̃• G. Batault. L’idée d’évolution et le concept de durée (octobre 1908). L’importance de l’idée d’évolution dans les sciences et la philosophie s’affirme de jour en jour davantage. Partie du domaine des sciences naturelles, elle a englobé tous les domaines, même les plus abstraits, de la connaissance humaine. Elle pénètre maintenant dans les sciences de la matière inerte. Avec elle s’introduit le concept de durée, dont elle est inséparable. Elle nous conduira à une méthodologie nouvelle qui libérera les sciences de la tutelle des mathématiques. Selon l’auteur, la réintégration du principe de durée dans la philosophie et les sciences est due, non seulement à Bergson, mais aussi à Nietzsche. G. Foccart. La religion et l’art dans l’Egypte ancienne (novembre 1908). L’auteur fait ressortir les caractères particuliers, utilitaires et religieux, de la sculpture égyptienne. Cet art diffère essentiellement de la statuaire grecque; c’était un « art utile », indispensable aux besoins les plus pressants de la vie. Ni son invention, ni son développement n’ont été la satisfaction d’aspirations esthétiques. Elle fut créée pour répondre à des nécessités de premier ordre d’un côté, définir, régler et diriger les rapports avec les êtres divjns; de l’autre, assurer la continuation de l’existence de l’homme après sa mort terrestre. De ces caractères résulte l’intérêt spécial que présente l’étude de l’art égyptien; mieux que l’histoire elle fait revivre un temps et une civilisation disparus avec une précision et une intensité qu’on ne retrouve en aucune autre archéologie. ET. RABAUD. La théorie de la mutation, selon de Vries (décembre 1908). – A propos de la traduction française, par M. Blaringhem, de Species and Varieties, l’auteur analyse et critique les idées de M. Hugo de Vries. Il montre la contradiction inhérente à cette théorie, qui, reprenant pour son compte la notion jordanienne des espèces élémentaires et posant ainsi en principe la discontinuité dans l’évolution morphologique, prétend apporter une démonstration nouvelle et irréfutable de la doctrine de Lamarck. Il estime que ces idées manquent de clarté et de cohérence, que les généralisations tirées de quelques faits relatifs à des plantes phanérogames manquent entièrement de rigueur, que leur auteur a négligé de parti-pris certains côtés, non les moindres, de ces questions, « sans remarquer un instant que la discontinuité est dans notre esprit et la continuité dans la nature E. Esclangon. La navigation aérienne et le planement des oiseaux (janvier 1909). La sustentation et la progression des oiseaux en vol plané ont de tout temps excité l’attention des observateurs et la sagacité des mécaniciens, mais cette question demeure encore obscure. Des diverses théories émises il paraît résulter que la vitesse du vol n’est due, en aucun cas, à une force de propulsion émanant de l’oiseau lui-même. Elle dérive soit du jeu des réactions de l’air, soit de la transformation de l’altitude en vitesse. Aussi l’auteur ne croit-il pas que la technique des aéroplanes puisse tirer un profit capital de la connaissance de planement des oiseaux; pas plus que la navigation n’a tiré parti de la manière dont nagent les poissons. G. Bohn. L’Instinct (février 1909). Résumé et critique fort sommaire des doctrines sur l’instinct. L’auteur estime qu’il convient d’abandonner définitivement ce terme, qui n’exprime que des idées confuses. L’instinct est « un legs du passé, un legs du moyen âge, des théologiens, des métaphysiciens»; ce n’est qu’un mot, un mot qu’il ne faut pas « sauver de la débâcle métaphysique ». Condillac, « que l’on a surnommé le père de l’analyse philosophique a donné cette définition de l’instinct (qui, selon M. Bohn, est la meilleure parmi la multitude des définitions données) « L’instinct n’est rien ». CHRISTIAN Cornélissen. Le salaire (février et mars 1909). Cette étude a le mérite de mettre en lumière la multiplicité des données et la complexité des facteurs qu’il est nécessaire de considérer et de faire entrer en ligne de compte lorsqu’on essaie d’établir une théorie générale du salaire. L’auteur formule finalement la loi suivante « La valeur d’échange du travail et le prix de marché du travail (le salaire) tendent à coïncider, sous le régime capitaliste, avec le coiit d’entretien habituel, pendant une période de production et dans un milieu social déterminés, à la catégorie ouvrière limite