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gêner l’historien dans sa tâche. Ceux qui s’intéressent au premier comme il le mérite devront lire les chapitres vi et vii de la 1re partie (Philosophie comme science – Philosophie comme dogmatique) et toute la 3e sur la « Psychologie et le Transcendantalisme de la connaissance ». Contre les empiétements du psychologisme dans la théorie de la connaissance M. Görland a dressé une « barricade » d’arguments très personnels et convaincants ; et il a montré qu’il avait le sens historique que lui contestait la Kantgesellschaft en s’opposant à la tradition qui, de Fries et de Herbart à Kuno Fischer et à J.-B. Meyer, attribue à Kant une « psychologie » dont l’auteur des Critiques ne voulait pas entendre parler.

Johann Gottlieb Fichte und seine Schrift über die Bestimmung des Menschen. Eine Betrachtung des Weges zur Geistigen Freiheit, par Georg Lasson, pasteur à Saint-Barthélemi, Berlin. 1 brochure in-16 de 45 p., Berlin, Trowitzsch u. Sohn, 1908. — Dédiée par l’auteur à son père, M. le professeur A. Lasson, cette étude sur la « Destination de l’Homme » se divise en cinq chapitres :

I. La position historique de la philosophie kantienne ;








Il. Le progrès du principe kantien chez Fichte ; III. Le monisme de la philosophie naturaliste, la conscience de la liberté ; IV. L’idéalisme subjectit-, V. L’idéalisme absolu. L’auteur formule ainsi l’idée maîtresse de Kant, ridée de la liberté : je dois, donc Dieu est, et il rapproche de cette formule la pensée de Schiller L’homme est prive de toute valeur tant qu’il ne croit pas mis ; trois mots Dieu, la liberté, Viœmortahte. Et l’on pressent à ce début en quel sens Fiente, pour M. Lasson, développe le kantisme il complète le moralisme de Kant par une philosophie de la religion, et substitue au dualisme un monisme. Pour étayèr sa thèse, l’auteur s’appuie sur la « Destination de l’Homme dont tî donne un succinct exposé. La thèse est contestable et l’on peut se demander si M. Lasson ne s’est pas trop souvenu qu’il était pasteur en prenant pour caractéristique de la doctrine de Fichte l’ouvrage en question. Sans doute Fichte cherche l’unité des Critiques de Kant, et par la il est moniste, mais, comme il le dit lui-même quelque part, il est moniste au point de vue idéal, son uniç, é est une Idée, l’idée sous laquelle seule l’esprit peut agir et se développer – ce n’est pas un Être, une réalité, ce n’est pas le

Dieu que cherche et que proclame M. Lasson. Au point de vue <fo réel Fichte ] !  : déclare que son système reste dualiste et il est même remarquable qu’il a passé précisément la plus grande partie de sa vie a défendre le kantisme orthodoxe, la Critique, contre Sehelling qui voulait édifier en dépit de la Critique une philosophie de l’Absolu, et contre les romantiques qui prétendaient, eux aussi, à une union sentimentale avec la divinité. 11 est plus remarquable encore d’observer ̃ ; ̃ que, loin d’être, comme on serait tenté d’abord de le croire, un hymne mystique, la Destination de l’Bpmme est, avant tout, on peut l’établir, précisément un manifeste contre la tendance mystique que Novalis et Schleiermacher avaient voulu imprimer au romantisme et UB rappel au moralisme rationaliste. L’allureromantique de l’ouvrage ne peut tromper un œil exercé c’est la manière ordinaire de Fichte dans ses polémiques. Les romantiquesne s’y sont d’ailleurs pasmêprîs et tout, le premier Schleiermacher : voir son compte rendu de l’ouvrage. Nous ne méconnaissons pas le talent et la conviction dont fait preuve M. G. Lasson dans l’exposition de la thèse. Nous eraî| gnons seulement que la thèse soit un peu fragile-..̃̃̃. Fientes Redea an die deutsche Nation. Eitxgeleilet von Rudoli ? Euckek, 1 vol. in-18 de xvi-269 p. Insel Yerlag, Leipzig, WOfi. –A l’heure où l’Aller’I magne s’apprête à célébrer la mémoire de Fichte pour le centenaire de la fondation de l’Université de Berlin, dont | il fut le premier recteur élu, M. Rudolf Eucken a cru devoir donner une édition : ̃ nouvelle des fameux « Discours à’iaSNation allemande ». Cette édition, , copiée sur la première édition de lSpS.estçpmposée avec lin soin et un goût qui font honneur ii’ja librairieallemande.Dans une introduction, qui témoigne d’une grande hauteur de vues, M. R. Euden indique brièvement quel fut le sens philosophique, politique, national du Discours, et quel en peut être encore actuellement l’enseignement. ̃̃̃ Christentum und Wissensehaft in Schleiermachers Glaubenslehre. Ein Beitr’âg "ziÉn Vm’stiïnclnïs der Schleiernia— ± chersclien TheoUJgie, "par Heinhich Scholz, 1 vol. in-8 » de ix-208 p., Berlin, Arthur Glàuô, : î90 : 9. – L’auteur de. ce livre excellent, plus dense et plus instructif que bien des gros volumes, est un theologieii protestant doué d’une rare culture î philosophique en même temps que d’une érudition considérable. 11 est d’abord un t spécialiste de d.Scklelermacher-Forschung, et avant cet ouvrage il avait consacré à