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Eev. Meta. – T. XVilI (n° Ô-13Î0), 39

VUES SUR LES PROBLÈMES I U PHILOSOPHIE

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De toutes les illusions qui ont égaré gravement l’intelligence dans notre civilisation occidentale, l’une des plus funestes a été, sans doute, celle qui consiste à prendre la philosophie pour une sorte de science, ayant son domaine propre, découvrant des principes et aboutissant, par la déduction, à des propositions que nous devrions tous accepter. Cette perversion de la réflexion ne peut être parfaitement comprise que si l’on remonte aux moyens qu’employèrent les anciens penseurs pour soumettre à la discipline de leur logique les idées populaires qui offraient le plus d’intérêt, suivant l’opinion de leurs contemporains.

Les philosophes ioniens avaient une profonde vénération pour le savoir des Orientaux qui leur semblaient être devenus les maitres du ciel, en prédisant les éclipses ; mais l’esprit moqueur, subtil et artistique des Grecs ne pouvait accepter les cosmogonies asiatiques, toutes peuplées de monstres ; des hommesparticulièrementingénieux, surent découvrir dans ce chaos quelques inventions qui méritaient d’être conservées ; ils simplifièrent ce que les Barbares avaient compliqué à l’excès et ils présentèrent des conceptions du monde dignes de prendre rang à côté des théories médicales helléniques, qui étaient t -déjà en voie de grand progrès. La manière dont les Grecs conçurent l’examen de la nature, dépendit toujours étroitement de ces origines mythologiques les hypothèses sur la constitution des corps, sur leurs transformations périodiques, sur leur production ou leur destruction, occupèrent une .place pleinement prépondérante dans ce que l’antiquité nommait la physique ; à côté de ces doctrines générales, les quelques notions expérimentales, vagues, incoordonnées et parfois même incohérentes, que fournissaient de médiocres méthodes d’observation, ne pouvaient faire que bien Revue de Année 18

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