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Rev. Meta. – T. XV (n° 2-1907). 9

COMMENT SE POSE LE PROBLÈME DE -DIEU

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Je commencerai la présente recherche par un examen critique des arguments au moyen desquels on a cru jadis et d’aucuns veulent encore aujourd’hui démontrer l’existence de Dieu. Il s’agit de faire comprendre pourquoi ces arguments ne suffisent plus, en même temps que de marquer ce qu’il en faut néanmoins retenir. Après Kant, la tâche est facile ; mais on aurait tort de la juger oiseuse ou superflue ; et l’on m’excusera de m’y arrêter un peu, si l’on considère qu’en écrivant ce mémoire je ne m’adresse pas seulement aux spécialistes de la philosophie.

Les preuves classiques se répartissent en trois groupes, suivant que l’on adopte pour point de départ et pour base de raisonnement le spectacle de la nature extérieure ou le contenu de la conscience humaine ou les conditions a priori de la pensée. A vrai dire, ces preuves ne sont pas indépendantes les unes des autres. ; elles constituent plutôt divers moments d’une seule et même dialectique ; elles se supposent et se soutiennent mutuellement comme les parties d’un organisme. Toutefois, afin d’être plus clairs, avant de les approfondir au point de vue de leur connexion et de leur solidarité, nous les analyserons d’abord une à une.

Veuille le lecteur ne pas oublier que cette enquête n’a aucune prétention historique et, d’autre part, que, si elle paraît aboutir principalement à des conclusions négatives, c’est là une apparence toute provisoire et momentanée.

PREUVES TIRÉES DU monde physique.1– Au seuil de la vie spéculative, quand elle se met à chercher un principe d’explication suprême, la pensée encore novice, encore presque inconsciente de soi, de sa valeur propre, de son rôle primordial, de ses exigences et de ses