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LA CANTATRICE



Le vieil Hauval — qui est toujours directeur de l’Opéra-Dramatique — peigna d’une main noueuse sa barbe de fleuve, et nous dit :

— Voilà :

En 189*, au mois de mars, on donna Siegfried à Monte-Carlo. Une interprétation hors ligne devait faire de cette reprise le grand événement lyrique de la saison ; je décidai d’y assister, et je quittai Paris avec une bande d’artistes, de critiques et de dilettantes qui couraient, sans le savoir, à l’audition la plus troublante que des vivants puissent goûter. Je vous passe les péripéties du voyage ; car notre voyage comporta des péripéties : des arrêts, des retards, une halte forcée de deux heures à Marseille, occasionnée par un accident de chemin de fer et que