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M. D’OUTREMORT

mort dans le remploi de cet engin qu’ils avaient condamné. Cela leur gâtait le plaisir. Pourtant, que la voiture arrogante vînt à eux en un jour comme celui-là, ils se refusaient à l’admettre. Au bas de la côte, elle tournerait, enfilerait la route départementale, et disparaîtrait avec les quatre laquais chargés d’exécuter cette misérable protestation.

Le sénateur Collin-Bernard, président, se leva pour ramener l’attention vers la statue au moyen d’une tirade. Mais tous les yeux suivaient la descente de cette injure automobile, — et le Houlon de pierre faisait mine de la suivre aussi. Elle arrivait au terme de la déclinaison rocheuse. À ce moment, le soleil fit miroiter à ses flancs des lueurs, des reflets insolites.

M. d’Outremort, toujours méconnu, la surveillait du haut de sa poivrière.

Elle ne vira pas au tournant de la route ainsi qu’on l’avait présumé, et s’engagea sur la chaussée qui se transforme en grand’rue. Elle arrivait donc à Bourseuil, et rondement ! Peut-être que c’était le marquis lui-même,