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M. D’OUTREMORT

républicaine, le sanguinaire Houlon établit son quartier général et fit jouer la guillotine du district, après la pendaison de l’ambassadeur et de la chanoinesse.

Ayant relaté ce qu’on vient de lire, je laisse à penser l’état de M. d’Outremort quand il apprit dernièrement qu’une statue à l’effigie de Houlon serait élevée sur la place même de Bourseuil. On l’apercevrait du château. La souscription publique était ouverte.

De cet instant, il paraît que M. d’Outremort — que je n’ai plus revu — alla jusqu’à dépasser cette perfection de lui-même, ce superlatif de la personnalité, dont j’ai déjà touché deux mots. Il s’abîma dans le labeur et la contemplation. Néanmoins, ses domestiques observèrent que maintenant, de la crypte et de l’atelier, celui-ci l’attirait davantage. Il l’agrandit de toute une immense remise à voitures, où deux chaises de poste et un tilbury côtoyaient le break du louvetier Fulbert et l’automobile rouge du comte Cyril. À toute heure, on entendait venir de là des bruits de lime et d’enclume. C’était Monsieur le marquis faisant le serrurier et le