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LA GLOIRE DU COMACCHIO

Torrigiani maniait son cor d’ivoire. Les autres émiettaient le pain, tournaient des hanaps… Le duc seul, réjoui de la confusion, réprimait à grand’peine son envie de rire. Une idée lui vint qui déchaîna le transport des courtisans.

— « Musique ! » ordonna-t-il. « Musique ! »

La compagnie de maître Bridone attaqua le passe-pied favori de Son Altesse ; et la foule d’y répondre par un tumulte de joyeuse sédition.

Baccio reparut alors, au creux du cortile, avec son candélabre éteint. Il traversait à la hâte, voulant gagner la porte de la place. — Tout à coup, ceux qui l’observaient du haut de la galerie entendirent un choc ; ils virent Baccio s’arrêter brusquement près de l’Andromède et lâcher le candélabre qui roula de la margelle dans le bassin. Le majordome survenant poussa des cris de calamité.

Comment cela s’était-il fait ? Un bras de la statue venait de se rompre et gisait à terre.

On descendit précipitamment, tous, valets, grands seigneurs, musiciens, pêle-mêle. Ils reculèrent sitôt qu’arrivés. L’autre main, se